PORTRAIT-Susana Diaz favorite à la succession du PSOE en Espagne

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    * Elle pourrait mettre fin à l'impasse politique de 
l'Espagne 
    * Elle serait la première femme à la tête d'un grand parti 
    * Le PSOE divisé, la base reste fidèle à Sanchez 
 
    par Julien Toyer 
    MADRID, 2 octobre (Reuters) - Après la démission samedi du 
secrétaire général du Parti socialiste espagnol (PSOE), la 
présidente de l'exécutif régional d'Andalousie, Susana Diaz, 
émerge comme favorite pour lui succéder et mettre fin à neuf 
mois de blocage politique. 
    Si elle accédait à la tête du PSOE, Susana Diaz serait la 
première femme à diriger le parti depuis sa fondation il y a 137 
ans, et la première femme à la tête d'un grand parti politique 
espagnol. 
    Selon plusieurs sources socialistes, Susana Diaz est 
l'instigatrice du mouvement des frondeurs qui a déposé samedi la 
motion gagnante proposant de remplacer sans délai le secrétaire 
général du parti, Pedro Sanchez.  
    Après dix heures de débats houleux, Pedro Sanchez a été mis 
en minorité et cette motion a été adoptée à la majorité, 
déclenchant sa démission.        
    L'Espagne est depuis neuf mois dans l'impasse politique, les 
élections législatives de décembre, puis de juin, n'ayant pas 
permis de dégager de majorité. 
    Si elle accède à la direction du parti, Diaz devra, comme 
son prédécesseur, trancher le dilemme sur l'attitude à adopter 
au Parlement, où le président du gouvernement sortant, Mariano 
Rajoy, tente de former un gouvernement minoritaire du Parti 
populaire (PP), arrivé premier aux élections.  
    Si les députés socialistes s'abstiennent, Rajoy pourra le 
faire. Sanchez excluait de permettre au chef de la droite 
conservatrice de se maintenir au pouvoir. 
     
    NOUVEAU STYLE PRAGMATIQUE 
    La présidente de l'exécutif régional d'Andalousie a dit être 
opposée à un gouvernement de droite, mais ses partisans la 
jugent plus pragmatique que Sanchez, qu'il estiment responsable 
par son intransigeance du recul du PSOE dans les urnes. 
    Selon eux, elle est la seule capable d'unir le parti et de 
l'engager à accepter ce gouvernement minoritaire. 
    "Bien que je peine à voir une grande différence entre elle 
et Sanchez d'un point de vue idéologique, elle pourrait amener 
un nouveau style, une nouvelle manière d'exercer le pouvoir", 
juge l'analyste Antonio Barroso, de la société américaine Teneo 
Intelligence. 
    "Elle prévoit probablement d'autoriser un gouvernement 
minoritaire en échange du départ de Rajoy", ajoute-t-il. 
    En tant que présidente de la communauté autonome la plus 
peuplée d'Espagne, Susana Diaz a fait preuve d'un esprit de 
consensus.  
    L'année dernière, après l'échec d'un vote local, elle a 
passé un accord de coalition avec le parti de centre-droit 
Ciudadanos en vue de former un gouvernement régional.  
    Ce type d'approche, susceptible de résoudre le blocage 
politique du pays, n'est toutefois pas du goût de nombre de 
militants socialistes, qui jugent qu'offrir le pouvoir au PP 
constituerait une trahison et un suicide politique pour le PSOE 
et restent favorable à Pedro Sanchez. 
    "J'irai là où me met la base, au sommet ou en bas de 
l'échelle", a dit Diaz jeudi devant ses partisans, avant la 
démission du secrétaire général. 
 
    SOUTIENS DE POIDS  
    Susana Diaz endosse depuis trois ans un rôle politique de 
premier rang dans le paysage politique espagnol, après avoir 
remplacé son mentor, José Antonio Griñán, à la tête du 
gouvernement régional andalou. 
    Elle peut aujourd'hui compter sur des soutiens influents 
pour appuyer sa candidature : Felipe Gonzalez, ex-président du 
Conseil et figure tutélaire du PSOE, la soutient, tout comme son 
successeur José Luis Rodríguez Zapatero, selon des sources 
socialistes. 
    Outre la première fédération socialiste du pays, 
l'Andalousie, Diaz a aussi l'appui des régions de Valence, de 
l'Estrémadure et de Castille-La Manche. 
    El Pais, quotidien qui dispose d'un certain crédit auprès 
des partisans socialistes, a publié jeudi un éditorial appelant 
Sanchez à démissionner et soutenant les propositions de Diaz 
quant au choix d'un nouveau dirigeant. 
    Conformément à ses voeux, le parti va désormais être confié 
à une direction provisoire avant la tenue d'un congrès 
extraordinaire pour désigner le successeur de Sanchez.     
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Tangi 
Salaün) 
 
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