Portrait sur la mobilité des jeunes français apprentis

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Aller vite et bien n'est certainement pas l'adage des politiques néanmoins on semble se rapprocher d'un «pour action» au sujet de la mobilité des jeunes. Nos dirigeants européens se sont réunis une nouvelle fois, mardi 12 novembre à Paris, pour une grande conférence sur l'emploi des jeunes en Europe.

Cette rencontre fait suite à la conférence, organisée le 3 juillet, à Berlin et devrait précéder un troisième sommet, soit en Italie, soit en Grèce. L'objectif: dégager une politique commune pour lutter contre le chômage des jeunes en Europe.

Chômage des jeunes: un constat accablant

Le constat sur l'emploi des jeunes est accablant. Quelque 6,5 millions d'Européens entre 15 et 24 ans sont sans emploi ou sans formation. L'Allemagne, comme à son habitude affiche les meilleurs résultats avec 7,7 % de jeunes au chômage, alors que la France frôle les 25 %. La Grèce et l'Espagne affichent des records avec des taux supérieurs à 56 %.

L'objectif de l'Europe: pas de méthode mais des moyens

L'objectif fixé est de faire en sorte qu'aucun jeune de moins de 24 ans demeure plus de quatre mois sans emploi ni formation. Comment? En développant l'apprentissage dans les métiers du numérique et issu de la «croissance verte».

Comme prévu, les méthodes pour y parvenir n'ont pas été annoncées néanmoins, les budgets ont été fixés. Au total ce sont 45 milliards d'euros qui seront déployés durant trois années dont les 6 milliards d'euros déjà alloués en juin dernier.

«Tout l'enjeu, c'est d'aller vite», a déclaré le président François Hollande à l'issue de cette réunion. Ce dernier à ajouter que cet objectif devra être en place «dans les deux prochaines années». Toutefois pour les pays qui auront adressé leur programme, «pourront dès le 1er janvier avoir les financements nécessaires».

La mobilité des jeunes apprentis lancée en 2008

Nicolas Sarkozy dès 2008 avait déjà souhaité doper la mobilité des 400.000 jeunes français apprentis, en favorisant des échanges à l'étranger, en se calquant sur le modèle des échanges Erasmus des étudiants. Le programme qu'il avait souhaité lancé s'était arrêté au dernier moment pour cause de crise financière.

Vers un Erasmus de l'apprentissage

Il est donc intéressant de voir la mobilisation de l'Europe sur nos jeunes apprentis. Cette volonté politique, aujourd'hui établi, pourra certainement donner aux jeunes un enrichissement culturel et professionnel hors du commun. Ces opportunités cantonnées jusque-là aux étudiants, permettront aux jeunes apprentis une meilleure connaissance du monde de l'entreprise.

L'appréciation des principaux concernés

Une étude sur la mobilité internationale des apprentis avait été menée par le Centre d'études et de recherche sur les qualifications (Cereq).

Les apprentis ont révélé être très ou plutôt satisfaits à plus de 90 % pour tous les aspects de tutorat, de relations professionnelles et d'intégration dans le pays. Les acquis professionnels et linguistiques ont été également très bien notés avec 70 à 75 % de satisfaction. On retrouve ces appréciations dans la plupart de leurs réponses:

- «La maîtrise de la langue, et plus de connaissances et des choses différentes dans le métier» ;

- «J'ai appris d'autres techniques de travail» ;

- «Une façon différente d'exercer le même métier» ;

- «L'autonomie, le travail d'équipe, les difficultés de compréhension et la peur de l'aventure» ;

- «La découverte du monde du travail dans un autre pays, devoir s'adapter» ;

- «Tant sur le plan professionnel que social ce voyage nous a tous fait évoluer».

Par ailleurs, 63 % des apprentis souhaitent repartir et renouveler une expérience professionnelle à l'étranger. 45 % d'entre eux disent vouloir travailler à l'avenir dans un autre pays. Si leur séjour tend plutôt à conforter leur projet professionnel, ils sont près d'un tiers à vouloir changer d'entreprise à leur retour.

Des moyens à la hauteur

Espérons donc qu'au-delà des montants alloués, chaque État pourra faire en sorte de financer correctement le départ de nos apprentis car l'expatriation temporaire n'est pas neutre financièrement pour ces jeunes qui devront financer très certainement une part de leur transport, logement et assurance. Or l'expérience a montré que les jeunes avaient tendance à négliger dangereusement ce dernier poste de dépense qui est la souscription à une assurance santé et rapatriement à l'étranger.

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