PORTRAIT-Salmond, vainqueur quoi qu'il arrive du référendum en Ecosse

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par Angus MacSwan EDIMBOURG, 16 septembre (Reuters) - Le Premier ministre écossais Alex Salmond a beau ne pas porter de glaive et n'apparaître qu'avec parcimonie en kilt, il est pourtant celui qui, plus que tout autre depuis l'union avec l'Angleterre en 1707, a rapproché le plus l'Ecosse de l'indépendance. Cet ancien économiste de 59 ans a su faire preuve d'un esprit de ruse et d'un alliage de ténacité et de charme pour faire émerger au fil des années les aspirations à l'indépendance. Un "oui" en faveur de l'indépendance, lors du référendum de jeudi, représentera naturellement une victoire politique considérable pour Alex Salmond; mais même s'il perd, son image en sortira grandie, les derniers sondages prédisant une issue serrée alors qu'il y a quelques mois encore, le "oui" était donné largement perdant. Si le "non" l'emporte, Alex Salmond aura encore un rôle de premier plan à jouer, ne serait-ce que pour rappeler aux chefs des partis politiques britanniques la promesse qu'ils ont faite aux Ecossais de leur accorder davantage de pouvoirs et de financements. "L'électorat est enclin à accorder à Salmond le bénéfice du doute", estime David Torrance, auteur d'une biographie du Premier ministre. "Même si à nombre d'égards c'est une personnalité clivante - il peut rebuter autant qu'il peut emporter l'adhésion -, ceux qui sont acquis à sa cause sont prêts à le suivre très loin", dit Torrance à Reuters. Nombre d'électeurs approuvent son engagement à préserver le National Health Service (NHS - le système de santé britannique) malgré les pressions financières, mais ses détracteurs l'accusent de se contredire et de promettre ce qu'il ne pourra pas tenir. Celui que l'on surnomme "Wee Eck" (Petit Alex) dit vouloir plus de justice sociale pour l'Ecosse. "Ce n'est pas une affaire de personnalité ni de parti, il en va de l'avenir du pays et de la façon dont on peut construire un avenir plus favorable, plus prospère mais aussi plus juste pour l'Ecosse", a dit Alex Salmond à Reuters. AU SNP DEPUIS 1974 Celui que l'hebdomadaire conservateur britannique The Spectator a élu en 2011 "homme politique de l'année" naît le 31 décembre 1954 de parents fonctionnaires et grandit à Linlithgow, près d'Edimbourg. Alors étudiant en histoire et en économie à l'université Saint Andrews, il adhère en 1974 au SNP, le Parti national écossais. Le paysage politique écossais est alors en pleine évolution, et l'on commence à extraire du pétrole de la mer du Nord en 1975, ce qui donne à l'Ecosse une assise financière et par là même un certain crédit à l'idée d'indépendance. Alex Salmond continue de militer dans les rangs du SNP tout en travaillant au ministère de l'Agriculture et de la Pêche, où il rencontre sa femme Moira; puis il est engagé comme économiste à la Royal Bank of Scotland. Certains de ses anciens collègues parlent de lui comme d'un drogué de travail, animé d'un esprit de compétition, et l'un d'eux évoque une "stupéfiante confiance en lui à la limite de l'arrogance". Avec le temps, il arrondit les angles et se montre plus conciliant; ses discours actuels sont émaillés de mots d'esprit et d'argot écossais. En 1979, le SNP est en proie aux dissensions après l'échec d'un référendum sur la décentralisation. Alex Salmond a choisi la voie du pragmatisme, estimant que la décentralisation était un pas en avant vers le but ultime de l'indépendance. Elu en 1987 à la Chambre des communes, il accède à la tête du SNP en 1990. En 1999, le parlement écossais est rétabli, pour la première fois depuis 1707, à la suite d'un nouveau référendum sur la décentralisation organisé sous le gouvernement travailliste de Tony Blair. Certains collègues voient en Alex Salmond un homme de caractère impétueux, désagréable. A la suite de querelles intestines, il démissionne de la direction du SNP en 2000 afin de se concentrer sur son mandat de député aux Communes. Il est réélu en 2004 à la tête du SNP. Puis en 2007, tirant parti du mécontentement croissant à l'égard du Labour, il bat les travaillistes d'un seul siège en Ecosse et devient Premier ministre à la tête d'un gouvernement minoritaire. En 2011, le SNP remporte la majorité absolue en Ecosse, alors même que le mode électoral a été conçu pour encourager les coalitions de gouvernement. RENVOI Pour retrouver LE POINT sur le référendum de jeudi, cliquer sur ID:nL6N0RH2UO (Eric Faye pour le service français)

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