PORTRAIT-Peillon, candidat surprise de la primaire de gauche

le , mis à jour à 21:46
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    * Dix-huit mois au ministère de l'Education nationale 
    * Agrégé de philosophie, député européen 
 
    par Elizabeth Pineau et et Emmanuel Jarry 
    PARIS, 11 décembre (Reuters) - Candidat surprise à la 
primaire du Parti socialiste, Vincent Peillon, agrégé de 
philosophie de 56 ans, proche de Ségolène Royal, a passé 18 mois 
au ministère de l'Education nationale avant de revenir au 
Parlement européen. 
    L'ex-numéro trois du gouvernement de Jean-Marc Ayrault a 
payé de son départ du gouvernement le 31 mars 2014 la facture  
de sa réforme des rythmes scolaires, engagée dans la confusion 
au grand dam des élus et des parents d'élèves.  
    C'est poussé par son entourage, dit-il, que ce débatteur 
brillant revient à l'avant-scène après un long passage au 
Parlement européen.  
    Vincent Peillon est passé par différents courants de la 
gauche dont l'éphémère "Nouveau Parti socialiste" (NPS, 
2002-2005) cofondé avec Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, 
candidats eux aussi à la primaire de 2017. 
    Né le 7 juillet 1960 à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, 
Vincent Peillon est issu du côté maternel d'une famille juive 
alsacienne. Sa mère fut directrice de recherche à l'Inserm. Son 
grand-père, le professeur Léon Blum, fut l'initiateur de 
l'insulinothérapie en France. Sa grand-mère, Thérèse Lion, était 
avocate et féministe. 
    Son père, Gilles Peillon, décédé en 2007, fut banquier et 
communiste. 
    Bachelier à 16 ans, licencié de philosophie à 20 ans, le 
jeune Vincent commence à militer dans la mouvance trotskiste, 
travaille pour la Société des wagons-lits et crée une société 
d'importation de saumon fumé avant de devenir enseignant en 
philosophie en 1984, puis de passer l'agrégation. 
 
    PORTE-PAROLE DE ROYAL 
    En 1992, il est détaché au cabinet du président socialiste 
de l'Assemblée nationale, Henri Emmanuelli, dont il écrit les 
discours. Il obtient la même année un doctorat en philosophie. 
    Après la déroute du PS aux élections législatives de 1993, 
il redevient professeur à Nanterre tout en poursuivant son 
ascension au sein du PS - il entre au bureau national en 1994 et 
se rapproche de Lionel Jospin, alors Premier secrétaire. 
    Elu député en 1997, il devient secrétaire national aux 
études. En 2000, François Hollande, successeur de Lionel Jospin 
à la tête du PS, l'enrôle comme porte-parole. 
    Il ne réussit pas à se faire réélire en 2002 et devient 
directeur de recherche au CNRS où il reste deux ans. Il est élu 
député européen en 2004 - il sera réélu en 2009, puis 2014. 
    En mai 2005, il fait partie des personnalités du PS qui 
défendent le "non" au référendum sur la Constitution européenne 
alors que François Hollande milite pour le "oui". 
    Lors de la campagne présidentielle de 2007, il est un des 
porte-paroles de la candidate socialiste Ségolène Royal. 
    Au congrès de Reims du PS de 2008, c'est encore Ségolène 
Royal, candidate malheureuse au poste de Premier secrétaire, 
qu'il soutient. Il s'en éloignera ensuite et créera son propre 
courant, le "Rassemblement social, écologique et démocrate". 
    En 2011, il est favorable à une candidature de Dominique 
Strauss-Kahn à la présidentielle de 2012 mais rejoint finalement 
François Hollande après les déboires judiciaires de l'ex-patron 
du Fonds monétaire international. 
    Père de quatre enfants issus de deux mariages, aujourd'hui 
marié à une journaliste, ce romancier a publié également 
plusieurs livres sur l'histoire de la pensée socialiste et 
républicaine. 
 
 
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