PORTRAIT-L'auteur de la tuerie d'Orlando, homme discret, pieux et colérique

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    * Omar Mateen, 29 ans, avait été interrogé à deux reprises 
par le FBI, en 2013 et 2014 
    * Il ne faisait pas l'objet d'une surveillance particulière 
    * Son ex-femme décrit une personnalité "bipolaire" en proie 
à des accès de colère 
    * L'imam de sa mosquée parle d'un fidèle pratiquant, calme 
et peu impliqué dans la vie de la communauté 
 
    par Zachary Fagenson 
    FORT PIERCE, Floride, 13 juin (Reuters) - Omar Mateen, 
décrit comme discret et pieux, est devenu dans la nuit de samedi 
à dimanche l'auteur de la fusillade la plus meurtrière jamais 
commise aux Etats-Unis, où des questions émergent sur 
d'éventuels ratés dans le suivi de cet homme devenu colérique au 
fil des ans et interrogé par le FBI pour sympathie présumée 
envers l'extrémisme islamique. 
    Agé de 29 ans, cet Américain de naissance, d'origine 
afghane, a fait irruption au Pulse, une boîte de nuit de la 
communauté homosexuelle à Orlando, en Floride, armé d'un 
pistolet et d'un fusil semi-automatique. Il a abattu 50 
personnes et en a blessé 53 autres, certaines grièvement, avant 
d'être tué par la police. 
    Son ex-femme, Sitora Yusufiy, l'a décrit comme une 
personnalité "bipolaire", perturbée psychologiquement et en 
proie à des accès de colère durant lesquels il lui arrivait de 
la battre et d'"exprimer de la haine envers tout". Elle a dit 
avoir été "sauvée" par sa famille, qui lui a permis d'échapper à 
son ex-mari après seulement quatre mois d'un mariage tumultueux 
célébré en 2009 et conclu par un divorce. 
    "Il se disputait souvent avec ses parents mais comme j'étais 
la seule personne dans sa vie, l'essentiel de sa violence était 
dirigé contre moi", a-t-elle dit à la presse devant sa maison 
dans le Colorado où elle réside désormais. 
    Selon elle, Omar Mateen espérait devenir policier et a été 
gardien dans un centre pour jeunes délinquants à Fort Pierce, en 
Floride. Il a tenté le concours d'entrée dans la police. 
     
    À LA MOSQUÉE PLUSIEURS FOIS PAR SEMAINE 
    A Fort Pierce, à près de 200 km au sud d'Orlando le long de 
la côte atlantique, l'imam de la mosquée qu'a fréquentée Omar 
Mateen pendant près de dix ans décrit un fidèle pratiquant, 
calme et peu impliqué dans la vie de sa communauté religieuse. 
    "Il n'avait quasiment pas d'amis", dit Syed Shafeeq Rahman, 
qui dirige le Centre islamique de Fort Pierce, à Reuters. "Il 
venait avec son jeune fils le soir pour prier et ensuite il 
repartait." 
    Syed Shafeeq Rahman ne se souvient pas qu'Omar Mateen ait 
jamais évoqué avec lui la question des homosexuels. 
    Il venait prier plusieurs fois par semaine, généralement le 
soir et encore vendredi dernier, mais il ne manifestait aucun 
signe de radicalisme, rapportent d'autres fidèles interrogés par 
Reuters. 
    Omar Mateen est né à New York de parents afghans mais il a 
passé l'essentiel de sa vie en Floride, où il vivait 
dernièrement dans un complexe résidentiel à Fort Pierce. 
    Un ancien camarade de classe en parle comme d'un adolescent 
comme un autre qui aimait jouer au football américain. 
    Samuel King, qui avait un an d'avance sur Omar Mateen dans 
sa scolarité, rapporte qu'il discutait fréquemment avec lui 
après l'obtention de son diplôme en 2004.  
    Samuel King, qui se dit homosexuel, travaillait alors comme 
serveur dans un restaurant, le Ruby Tuesday's, dans un centre 
commercial où Omar Mateen était lui-même employé dans un magasin 
d'alimentation. "Ce qui me choque c'est que la majorité du 
personnel du Ruby Tuesday's lorsque j'y travaillais était 
homosexuel. Il n'était à l'évidence pas anti-homosexuel, au 
moins pas à l'époque. Il ne manifestait aucune haine à notre 
égard", dit-il. 
    Le père d'Omar Mateen, Mir Seddique, a déclaré à NBC News 
que le massacre n'avait pas de motif religieux. Il a raconté que 
son fils s'était mis en colère il y a quelques mois en voyant 
deux hommes s'embrasser à Miami. 
     
    INTERROGÉ DEUX FOIS PAR LE FBI 
    Le FBI a interrogé Omar Mateen à deux reprises pour des 
liens présumés avec des activistes islamistes. La première 
enquête s'est déroulée en 2013 à la suite de propos véhéments 
tenus par Omar Mateen devant des collègues témoignant de sa 
sympathie à l'égard des radicaux musulmans, a dit Ron Hopper, 
agent du FBI, lors d'une conférence de presse à Orlando. 
    Omar Mateen travaillait à cette époque en tant qu'agent de 
sécurité au sein de G4S, une entreprise britannique spécialisée 
figurant parmi les plus importantes au monde dans ce secteur. 
    Cette dernière a précisé qu'Omar Mateen avait été embauché 
en septembre 2007 et qu'il était armé dans le cadre de son 
travail. 
    Le FBI a enquêté à son sujet et l'a interrogé à deux 
reprises mais la police fédérale américaine n'a "pas été en 
mesure de vérifier le contenu de ses propos", a dit Ron Hopper. 
    La deuxième enquête a eu lieu en 2014, cette fois pour des 
liens présumés avec Moner Mohammad Abu-Salha, un Américain 
auteur d'un attentat suicide cette même année en Syrie. 
    Le FBI a alors conclu que les contacts entre les deux hommes 
étaient minimes et qu'Omar Mateen "ne constituait pas une menace 
substantielle à cette époque", a dit Ron Hopper, ajoutant 
qu'aucune enquête ou surveillance n'était en cours au moment de 
l'attaque de dimanche. 
    Durant la tuerie, Omar Mateen a appelé les services de 
secours américains et a alors prêté allégeance à l'Etat 
islamique, ce qui laisse les enquêteurs perplexes quant à la 
réelle implication de l'organisation djihadiste dans ces 
événements.   
    Daniel Gilroy, qui se présente comme un collègue d'Omar 
Mateen chez G4S, assure que sa colère était "permanente". 
"Chaque fois qu'on croisait une femme ou une personne noire, il 
disait des choses horribles", a-t-il dit à Fox News. 
 
 (Avec Tim Reid à Los Angeles, Yeganeh Torbati et John Walcott à 
Washington, Bernie Woodall à Detroit et Yara Bayoumy à Fort 
Pierce; Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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