PORTRAIT-Fin de cycle politique pour Fabius qui rejoint les "Sages"

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    * Bilan diplomatique mitigé, succès de la COP21 
    * Fin d'une carrière politique de 40 ans 
    * Restera à la tête de la COP en 2016 
 
    par Marine Pennetier et John Irish 
    PARIS, 10 février (Reuters) - "C'est la fin d'un cycle". 
Mercredi matin, quelques heures avant l'officialisation de son 
départ du ministère des Affaires étrangères, Laurent Fabius 
mettait, un peu ému, un point final à sa carrière politique 
entamée il y a près de quarante ans.  
    "Peu de personnes ont eu le privilège de dire qu'elles ont 
exercé la quasi totalité des positions exécutives et 
administratives de la République. C'est une chance 
extraordinaire", reconnaissait-il devant quelques journalistes.  
    A 69 ans, cette figure de la politique française, qui 
devrait être nommée à la présidence du Conseil constitutionnel, 
n'a pas à rougir de son parcours politique auquel ne manque que 
la présidence de la République.  
    Riche, la trajectoire politique de cet "éléphant" historique 
du PS n'a pour autant pas été sans à-coups. Le nom de ce fils 
d'antiquaires, né le 20 août 1946 à Paris, est resté pendant 
plusieurs années lié au scandale du sang contaminé. 
    Arrivé sur le tard en politique après de brillantes études à 
l'Ecole normale supérieure et à l'Ecole nationale 
d'administration, il s'inscrit en 1974 au PS où il rencontre 
François Mitterrand et devient l'un de ses conseillers. 
    Ministre du Budget en 1981 puis de l'Industrie en 1983, il 
succède un an plus tard à Pierre Mauroy à Matignon. A 37 ans, il 
devient le plus jeune Premier ministre de la Ve République. 
    Lors des élections législatives de 1986, il engage un bras 
de fer pour le contrôle du parti avec Lionel Jospin, alors 
premier secrétaire, et Pierre Mauroy. Cette opposition ne 
prendra fin qu'en 2000, lorsque Lionel Jospin, devenu Premier 
ministre, le nomme au ministère de l'Economie et des Finances. 
     
    LARMES ET PETIT MARTEAU VERT 
    Deux fois président de l'Assemblée nationale, entre 1988 et 
1992 et de 1997 à 2000, Laurent Fabius est rattrapé au début des 
années 1990 par l'affaire du sang contaminé par le virus du 
sida. 
    Mis en examen pour "homicides involontaires et atteintes 
involontaires à l'intégrité des personnes", il obtient la relaxe 
en 1999 devant la Cour de justice de la République. 
    En 2005, il prend le contre-pied du PS, alors dirigé par 
François Hollande qui fait campagne pour le "oui", en appelant à 
dire "non" au traité constitutionnel européen.  
    Depuis, il peut se targuer de n'avoir fait aucune vague et 
d'être devenu l'un des poids lourds du gouvernement tout en 
fluidifiant ses relations avec François Hollande pour lequel il 
ne cachait pas un certain mépris.  
    En près de quatre ans passés au Quai d'Orsay, Laurent Fabius 
aura fait s'affoler les compteurs avec 38.000 kilomètres 
parcourus par mois et l'équivalent de 40 tours du monde depuis 
2012. 
    "Il faut que (mon remplaçant-NDLR) n'ait pas mal au coeur", 
plaisante Laurent Fabius.    
    A l'heure du départ, le bilan est mitigé. Son action à la 
Conférence environnementale de Paris (COP21) a permis en 
décembre dernier d'aboutir à un accord sur la limitation du 
réchauffement climatique et son leadership a été unanimement 
salué.   
    Laurent Fabius, dont le petit marteau vert et l'émotion à 
peine dissimulée lors de la conclusion de l'accord ont été 
captés par les télévisions du monde entier, restera président de 
la COP tout au long de cette année avant de transmettre le 
flambeau au Maroc, pays hôte de la COP22.  
     
    "ROLLS ROYCE" 
    Deuxième succès diplomatique à laquelle la France a 
contribué, l'accord historique sur le programme nucléaire 
iranien en juillet dernier.  
    "Il est rarissime qu'un ministre soit acteur de deux grands 
accords internationaux", estime Laurent Fabius qui précise 
laisser à son successeur "une Rolls Royce" en guise de ministère 
qu'il a contribué à élargir au Développement international.   
    Sur la Syrie, en revanche, la pilule est plus amère. Laurent 
Fabius n'a toujours pas digéré la volte-face américaine de l'été 
2013 et l'abandon de la ligne rouge sur l'utilisation d'armes 
chimiques par le régime de Bachar al Assad.  
    La France, premier pays occidental à reconnaître la 
légitimité de l'opposition syrienne, a affiché une ligne dure à 
l'égard de Bachar al Assad mais a dû, à la suite des attentats 
du 13 novembre, se décider à intervenir en Syrie contre l'Etat 
islamique, quitte à renforcer le régime.  
    Autre regret exprimé par le chef du Quai d'Orsay, la 
politique européenne à l'heure où 2016 s'annonce "une année 
extrêmement pleine de risques avec l'immigration, le terrorisme, 
les forces de dispersion, le risques de Brexit".  
    "Nous mesurons à quel point les difficultés sont énormes et 
beaucoup dépendra de ce que nos amis britanniques feront en 
juin. Collectivement, les résultats sont insuffisants", a-t-il 
estimé.  
    Sur le processus israélo-palestinien enfin, Laurent Fabius, 
qui a tenté à plusieurs reprises de relancer des pourparlers 
moribonds, a lancé une nouvelle initiative in extremis fin 
janvier avec une mise en garde que son successeur pourrait être 
chargé de mettre en oeuvre : en cas d'échec, la France 
reconnaîtra l'Etat palestinien en tant qu'Etat à part entière.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • janaliz il y a 12 mois

    Fabius un sage ! J'ai cru qu'on était le 1er avril ! Non sur le calendrier Mercredi des Cendres... Il est vrai que la nomination de ce type à ce poste est une véritable pénitence...