PORTRAIT-Emmanuelle Cosse, une activiste verte au Logement

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    PARIS, 11 février (Reuters) - Les écologistes signent leur 
retour au gouvernement avec la nomination d'Emmanuelle Cosse, 
qui quitte la présidence d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) pour 
le Logement et l'Habitat durable, le poste qu'occupait Cécile 
Duflot jusqu'à son départ en 2014 pour cause d'incompatibilité 
avec Manuel Valls. 
    François Hollande a finalement convaincu cette militante de 
41 ans, jusqu'alors conseillère régionale d'Ile-de-France, de 
rallier le Premier ministre, dont les relations avec EELV ont 
toujours été heurtées. 
    La dirigeante écologiste ne mâchait pas ses mots il y a peu 
encore sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, que le 
Premier ministre juge "nécessaire". 
    "Je ne peux pas accepter que la France qui, lors de la 
conférence sur le climat, a expliqué à tous les Etats de la 
planète qu'il fallait agir contre le réchauffement climatique, 
autorise un projet qui détruit la nature sans répondre à un 
besoin économique", disait-elle dans Le Monde du 25 janvier. 
    Depuis le départ houleux de Cécile Duflot et Pascal Canfin 
en mars 2014, le débat entre les "anti" et "pro" participation 
au gouvernement n'a cessé d'agiter EELV, qui avait scellé en 
2011 un contrat de majorité avec le Parti socialiste.   
    Emmanuelle Cosse, qui a toujours défendu la place des 
écologistes au sein de la majorité présidentielle face à 
l'"opposition stérile" de Jean-Luc Mélenchon, n'a jamais fermé 
la porte à un pacte renouvelé, sous conditions. 
    "Ce n'est pas un sujet tabou, mais l'entrée au gouvernement 
n'est pas un totem non plus", déclarait-elle en avril 2015 dans 
L'Obs. "Il est temps que le gouvernement arrête d'avoir peur de 
faire de l'écologie, et pas pour nous faire plaisir à nous 
EELV", ajoutait-elle. 
     
    DE LA FIDL À ACT UP, UNE MILITANTE 
    Aux invectives de Cécile Duflot contre le "logiciel périmé" 
de Manuel Valls, Emmanuelle Cosse préférait récemment fourbir 
ses arguments sur un ton plus diplomatique : transition 
énergétique, fermeture de Fessenheim, "New Deal écologique" en 
faveur notamment des emplois "verts". Et Notre-Dame-des-Landes. 
    Elle était également de l'appel à la primaire des "gauches 
et des écologistes" pour désigner un candidat "légitime aux yeux 
de la gauche" en 2017 et "réinventer à gauche, réinventer chez 
les écologistes, un débat du contenu et du projet". 
    Emmanuelle Cosse, qui a grandi à Paris dans une famille 
engagée à gauche, s'est lancée tôt dans le mouvement associatif, 
notamment à la Fédération indépendante et démocratique lycéenne. 
    Parallèlement à des études de droit, elle entre en 1992 à 
Act Up dont elle prendra la présidence en 1999, jusqu'en 2001. 
Un événement : elle est la première présidente hétérosexuelle et 
séronégative de l'association de lutte contre le sida. 
    Mère de jumeaux qui lui ont appris la "patience", épouse de 
Denis Baupin, député EELV et vice-président de l'Assemblée 
nationale, elle a été journaliste politique à "Têtu" et 
rédactrice en chef de "Regards", revue de la gauche alternative. 
    Elle entre en politique à la faveur des élections régionales 
de 2010 en Ile-de-France, où, devenue tête de liste en décembre 
2015, elle perdra près de neuf points (8,03%) par rapport au 
score de Cécile Duflot cette année-là. En décembre 2013, elle 
est portée à la tête d'Europe Ecologie-Les Verts où déjà les 
"pro" et les "anti"-gouvernement se déchiraient. 
    "Je mesure la difficulté d'animer un parti politique (...) 
qui doit concilier cette participation avec une prise de parole 
autonome sur les sujets qui fâchent", disait-elle en 2013. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M6445098 le jeudi 11 fév 2016 à 17:17

    crise en perspective pour le secteur du bâtiment...

  • a.lauver le jeudi 11 fév 2016 à 17:10

    Elle va faire l'unanimité,elle represente 2% aux élections et elle est à la tete d'un parti ou tout le monde se barre, c'est sur c'est la femme qu'il fallait au gouvernement.

  • M7163258 le jeudi 11 fév 2016 à 16:56

    Chouette elle va pouvoir finir le travail que Duflot avait déjà bien avancé!! La destruction, la démolition du bâtiment et de toutes les entreprises concernées...