Portrait : Didier Le Menestrel multiplie les projets pour Financière de l'Echiquier

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(NEWSManagers.com) - Didier Le Menestrel aime le mouvement. Ce qui en fait un sportif émérite et le président dynamique de sa société de gestion, Financière de l'Echiquier. Dans les faits, l'intéressé est aussi à l'origine du mouvement de " vedettarisation" des gérants libres. A la tête de son fonds Agressor lancé en 1991 et investi alors essentiellement sur des petites et moyennes capitalisations françaises, sa gestion " value" fera mouche, notamment en 2000, en pleine crise des " TMT" (Technos, média, telecoms). D'où le plébiscite des conseillers en gestion de patrimoine indépendants et des épargnants qui conduira l'intéressé à fermer le fonds en mars 2004, pour cause d'embonpoint ? il pèse alors 870 millions d'euros? En 2008, alors qu'Agressor a été rouvert deux ans plus tôt et que son univers d'investissement a été élargi à l'Europe, la gestion connaîtra un exercice difficile (-46,8 %), avant qu'en 2009, Didier Le Menestrel ne s'illustre à nouveau (48,3 %).
Fin 2009 justement, une activité sportive à haute dose enverra un avertissement sans frais au gérant, mais suffisamment fort pour l'inciter à focaliser son énergie pour parfaire et accélérer l' organisation collégiale de l' entreprise, " où chacun a son mot à dire" , explique-t-il. Résultat, outre un tiers de son temps passé à la gestion d'Agressor et un autre consacré à la direction générale, le responsable de la société de gestion avoue consacrer le reste au management, en ligne droite avec son organisation, récemment revu (cf Newsmanagers du 19/01/10). Autre innovation récente : la " tribune des fonds" . Après la " tribune des cas" mise en place l'an dernier - à laquelle toute l'équipe de gestion participe - qui consiste à " mettre à nu" deux valeurs figurant dans le portefeuille d'un des fonds de la maison de façon, à interroger sans concession son gérant et à en tester les convictions, la " Tribune des fonds" élargit la discipline? au fonds dans son ensemble ! Et l'un des premiers à être passé il y a peu sur le gril fut? Agressor. Voilà pour la partie immergée de l'iceberg.
A propos du développement de son entreprise, Didier Le Menestrel n'est pas non plus sans projet. Car le patron de Financière de l'Echiquier en convient, le marché actuel de l'asset management laisse entrevoir des opportunités? Reste que tout cela mérite une réflexion approfondie. " il ne serait guère intéressant de prendre le contrôle d'une société de gestion qui pratique une gestion proche de la nôtre" , explique Didier Le Menestrel. " Il est bien plus judicieux, en revanche, d'élargir nos compétences." En cherchant pour la société de gestion à renforcer sa présence dans la classe d'actifs obligataire par exemple?
Mais ce n'est pas tout. A plus long terme, Didier Le Menestrel qui n'est pas insensible au développement et au potentiel de la gestion alternative n'exclut pas de s'y intéresser. Avec, là encore, le souci de ne pas mélanger les genres : " une telle entreprise passerait nécessairement par un développement externe" , précise t-il.
En termes d'offre de produits, Financière de l'Echiquier s'apprête également à passer à l'offensive. Dans les semaines à venir, la société compte en effet lancer un fonds investissant sur des grandes valeurs internationales. Baptisé Echiquier Global, le fonds serait clairement une demande des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) soucieux de voir Financière de l'Echiquier disposer d'une gamme de fonds complète dans laquelle une ouverture vers l'international fait pour l'instant défaut.
Enfin, en termes de clientèle, l'entreprise qui gère 3,3 milliards d'euros et a réalisé une collecte de 46 millions d'euros en 2009 nourrit également de nouvelles ambitions. Actuellement, la moitié des encours proviennent des CGPI, et 20 % proviennent de la gestion en direct. Le solde correspond à la part des investisseurs institutionnels. " Cette clientèle est clairement à développer, reconnait Didier Le Menestrel, qui affiche également des ambitions hors de France. D'ores et déjà, la part des actifs gérés pour une clientèle internationale représente 20 % de l'encours. " Nous avons de bons résultats en Belgique et au Luxembourg confie le patron de Financière de l'Echiquier, et nous avons de grandes ambitions en Italie, où nous disposons de bonnes équipes. En revanche, nous devons mettre l'accent sur les marchés espagnol, néerlandais et allemand où nous commençons doucement." Avec quelles armes ? En l'occurrence, la société de gestion a décidé de faire enregistrer ses fonds de droit français dans les différents pays et profiter ainsi de leur " track record" . Un double enregistrement plutôt contraignant mais qui prendra fin dans deux ans avec l'arrivée d'Ucits IV.

info NEWSManagers

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