Portrait de l'immeuble le plus «bobo» de la capitale

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EN IMAGES - Situé entre le quartier de Montparnasse et le jardin du Luxembourg, ce parangon du genre Art-déco, dévoile une architecture unique à Paris. Le Figaro Immobilier vous en fait le portrait.

À la fois envoûtante et rayonnante - de surcroît à la lumière du soir - cette façade est loin de passer inaperçue, dans un quartier où les immeubles haussmanniens règnent en maîtres. Où trouver cette façade atypique et pleine de contrastes? Entre la tour Montparnasse et le jardin du Luxembourg, à l’angle de la rue Campagne Première (XIVe arrondissement) et du boulevard Raspail, au 31 et 31 bis. Ce magnifique bâtiment construit en 1910 est l’œuvre de l’architecte André Arfvidson. Parangon du genre Art-déco, ses larges baies vitrées, à chaque étage, et sa façade agrémentée de grès émaillé en font un immeuble d’une grande singularité.

À la faveur d’un soir d’été ensoleillé, arrêtez-vous une dizaine de minutes dans le square Yves Klein - qui jouxte l’immeuble - et asseyez-vous sur un banc. Vous verrez alors son revêtement de céramique prendre des couleurs magiques... Une fois la nuit tombée, les habitants de l’immeuble allumeront les lumières, et vous pourrez alors tenter de deviner l’intérieur. Justement, qu’y a-t-il à l’intérieur? L’immeuble renferme une vingtaine d’ateliers d’artistes... très peu favorables à l’exercice de la peinture, à cause de l’orientation plein ouest.

Résultat, si le travail est impossible, ces pièces très spacieuces font donc office d’ateliers de réception, comme c’était devenu la mode chez les «bourgeois bohèmes» - que l’on appelle désormais communément «bobos» - de l’époque.

Un revêtement chatoyant... qui cache une grande simplicité

Quelle était la volonté de l’architecte André Arfvidson, diplômé de l’école des beaux-arts de Paris en 1892? Dessiner une façade entièrement recouverte de grès polychromes d’Alexandre Bigot. «Mais ces motifs perdent leur caractère naturaliste pour venir orner et ponctuer une ordonnance finalement tout à fait classique», peut-on lire dans un beau livre intitulé Paris, 100 façades d’immeubles remarquables.* Derrière ce revêtement chatoyant et tape-à-l’œil, on découvre un agencement très sobre. Cinq travées très régulières, symétriques, et deux «bow-windows» ouverts par de grandes fenêtres. Cinq arcs cintrés qui viennent se poser sur les cinq baies d’ateliers.

Concernant les motifs, tout est dans le détail. Si vous vous approchez, vous distinguerez des groupements de quatre carreaux de faïence, de différentes couleurs. Puis, plus haut, des couples verticaux de carreaux ponctuent le bord des piliers. Encore plus haut, des carreaux en relief laissent deviner un chapiteau... La façade arrière du bâtiment, que l’on peut voir en passant par le passage d’Enfer - qui lui aussi, vaut le coup d’œil - est également recouverte de carreaux de grès. Pour l’anecdote, les habitants du quartiers murmurent que Dominique Strauss-Kahn y a habité.

Si cette découverte architecturale vous a plue, vous pouvez sans trop de difficulté vous rendre à quelques centaines de mètres, au numéro 26 de la rue Vavin (VIe arrondissement), où vous pourrez découvrir un atypique immeuble à gradins construit en 1909 par l’architecte Henri Sauvage. Il est entièrement revêtu de carreaux de grès émaillé biseautés que vous croisez également... dans le métro!

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