PORTRAIT-Collomb, artisan de la victoire de Macron, à l'Intérieur

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    * Collomb a cru dès le départ à la carte Macron 
    * Un baron local qui a changé sa ville 
    * A Lyon, il a privilégié la sécurité 
 
    par Catherine Lagrange 
    LYON, 17 mai (Reuters) - Le sénateur-maire socialiste de 
Lyon Gérard Collomb, nommé mercredi ministre de l'Intérieur, est 
l'un des artisans de la victoire d'Emmanuel Macron, auquel il a 
cru dès le début de son aventure, mettant tous ses réseaux à son 
service. 
    Il a été l'un des tout premiers élus à imaginer un destin 
présidentiel au jeune ministre de l'Economie, séduit par "sa 
vision d'un monde en changement" et son positionnement 
"au-dessus des clivages politiques traditionnels".   
    Successivement soutien de Dominique Strauss-Kahn, de 
Ségolène Royal et de François Hollande, Gérard Collomb, le 
"social-démocrate" qui s'est positionné ces dernières années 
avec les "réformateurs" de l'aile droite du PS, a encouragé 
Emmanuel Macron à franchir toutes les étapes. 
    Le maire de Lyon, que l'on a vu ému aux larmes lors de 
l'intronisation du nouveau président dimanche dernier, s'est mis 
très tôt en marche pour convaincre, dans sa ville comme sur 
l'ensemble du territoire, les élus socialistes, au risque de 
déchaîner la colère des hiérarques du Parti socialiste.  
    A Lyon, ville de centre-droit conquise par ce socialiste en 
2001, Gérard Collomb a appliqué la méthode Macron avant l'heure. 
Depuis seize ans, il s'est constitué une majorité sur mesure 
rassemblant socialistes, centristes, et même sarkozystes, avec 
une bonne dose de personnalités de la société civile.  
    Sa sensibilité sociale s'accompagne d'une vision plutôt 
libérale de l'économie qui a vite séduit les chefs 
d'entreprises.  
    "Je soutiens Gérard Collomb depuis le premier jour", 
rappelle le multi-entrepreneur Bruno Bonnell, fondateur 
d'Infogrames, qui s'est mis depuis En marche ! "Il a transformé 
Lyon, la belle endormie, en une véritable Europole, il a réussi 
ici à réinventer la ville." 
     
    LYON, "LABORATOIRE URBAIN" 
    Désireux de faire de sa ville "un laboratoire urbain", 
Gérard Collomb prône aussi l'innovation, en prêtant sa ville aux 
expérimentations, soutient les start-ups de son territoire au 
point de les amener conquérir des marchés au bout du monde.  
    Innovation encore quand il a imaginé, dans les arcanes du 
Sénat, avec la complicité de son collègue centriste Michel 
Mercier, les contours des nouvelles Métropoles françaises 
destinées à réduire le mille-feuille administratif.  
    La Métropole lyonnaise, fusion du Grand Lyon et du 
département du Rhône, a été, le 1er janvier 2015, la première à 
voir le jour.  
   Jusqu'alors peu impliqué dans les jeux politiques parisiens, 
concentré sur le développement de sa métropole, Gérard Collomb 
n'a jamais été appelé à participer à un gouvernement. 
    A 69 ans, il se voit confier par Emmanuel Macron un 
ministère régalien.  
    "Il est l'homme de la situation", considère le député PS de 
Lyon, Jean-Louis Touraine, désormais investi par En marche !.  
    Il rappelle que la sécurité a été la priorité de Gérard 
Collomb en arrivant à la mairie de Lyon.  
    "Il dit toujours que la première des libertés est la 
sécurité", poursuit celui a été son premier adjoint chargé de la 
sécurité. "Il a mis en place la vidéo-surveillance, il a 
renforcé les effectifs de police, installé une police de 
quartier." Opposé à dû déroger à son principe avec 
l'instauration de l'état d'urgence.  
    Autre qualité indispensable à l'exercice de la fonction : 
"Gérard Collomb a de l'humour", précise encore Jean-Louis 
Touraine. "Il en faut pour humaniser cette fonction." 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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