PORTRAIT-Belgique-Laachraoui, un élève sans histoire devenu djihadiste

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 (Actualisé avec conférence de presse de son frère § 4-5-6-7) 
    * Le kamikaze a fréquenté un établissement catholique 
    * Il a rejoint ensuite la Syrie 
    * Son nom apparaît dans l'enquête sur le 13 novembre 
 
    par Ingrid Melander 
    BRUXELLES, 25 mars (Reuters) - Le parcours de Najim 
Laachraoui a commencé à Bruxelles, où le futur djihadiste a 
suivi une scolarité sans accroc dans un établissement 
catholique, avant de bifurquer vers la Syrie sans avoir donné le 
moindre signe de radicalisation et de s'achever mardi à 
l'aéroport de Bruxelles-Zaventem. 
    Selon les médias belges citant des sources au sein des 
services de sécurité, ce jeune Belge de 24 ans est l'un des 
trois kamikazes qui se sont fait exploser mardi à Bruxelles, 
faisant au moins 31 morts et plusieurs centaines de blessés. 
    Les indices recueillis par les enquêteurs permettent 
d'établir un lien entre la préparation des attaques du 13 
novembre à Paris et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et celles de 
mardi. Laachraoui est soupçonné d'avoir préparé les ceintures 
d'explosifs des commandos de Paris. 
    Lors d'une conférence de presse donnée jeudi dans la soirée, 
son frère cadet, Mourad, 20 ans, a déclaré que personne dans la 
famille n'avait observé de changement dans son comportement, de 
signes d'une radicalisation, avant qu'il les appelle, début 
2013, pour leur dire qu'il était parti pour la Syrie. 
    Dans un communiqué diffusé à la mi-journée, il avait 
condamné "fermement" les agissements de son frère aîné et dit 
n'avoir plus de contact avec lui depuis son départ en Syrie. 
Face à la presse, il a précisé que la famille avait alors 
signalé son départ à la police. Des policiers sont venus à leur 
domicile, ils sont revenus après les attaques du 13 novembre. 
    "C'était un garçon gentil, et surtout intelligent", a 
poursuivi Mourad Laachraoui, international belge de taekwondo.  
    "J'ai été touché et accablé, je ne voulais pas croire que 
c'était lui, mais bon, on ne choisit pas sa famille", a-t-il 
poursuivi, ajoutant que sa famille n'avait pas été 
officiellement informée de son décès. 
    A l'Institut de la Sainte-Famille d'Helmet, au coeur de 
Schaerbeek, dans l'agglomération bruxelloise, où le jeune 
djihadiste a effectué une partie de sa scolarité, Veronica 
Pellegrini, la directrice de l'établissement, se souvient d'un 
"très bon élève". 
    "Il a eu un parcours tout a fait classique", ajoute-t-elle 
lors d'un entretien par téléphone accordé à Reuters. 
    Il n'est pas rare de voir de jeunes Belges issus de familles 
musulmanes fréquenter des établissements catholiques, qui ont 
parfois la réputation d'offrir un enseignement plus strict et 
plus élitiste que dans le public. 
    Selon la directrice, il a suivi une filière générale, sans 
jamais redoubler, jusqu'à l'obtention de son diplôme, en 2009, à 
l'âge de 18 ans. "On n'a plus eu de nouvelles depuis." 
     
    SON ADN SUR DES EXPLOSIFS  
    En février 2013, il quitte Bruxelles pour la Syrie où, 
d'après la presse belge, il reçoit une formation qui a pu lui 
permettre de jouer le rôle d'artificier des commandos du 13 
novembre à Paris puis du 22 mars à Bruxelles. 
    On ne sait pas comment il est rentré en Europe -- peut-être 
dans le flot des réfugiés. 
    On retrouve sa trace le 9 septembre 2015: il est alors 
contrôlé à la frontière austro-hongroise sous la fausse identité 
de Soufiane Kayal à bord d'un véhicule en compagnie de Salah 
Abdeslam et d'un autre homme voyageant sous un nom d'emprunt, 
Samir Bouzid -- il s'agit en réalité de Mohamed Belkaïd, abattu 
la semaine dernière lors d'une perquisition à Forest. 
    Selon le parquet fédéral belge, les enquêteurs ont retrouvé 
son ADN dans plusieurs logements utilisés par certains auteurs 
des tueries de novembre en France, à Auvelais et Schaerbeek, et 
sur des explosifs qui ont alors servi aux assaillants. 
    La maison d'Auvelais, perquisitionnée le 26 novembre 
dernier, a par ailleurs été louée sous l'identité de Soufiane 
Kayal, la couverture de Najim Laachraoui. 
    Il réapparaît mardi sur des images de vidéosurveillance de 
Bruxelles-Zaventem, peu avant les deux explosions qui ont 
détruit le hall de l'aéroport, selon les conclusions du parquet 
cité par les médias belges. On le voit vêtu d'un haut sombre et 
d'un pantalon clair, la main gauche gantée, pousser un chariot 
sur lequel est posé un bagage. 
    L'école où il a fait une partie de sa scolarité a fait de 
cette phrase de la Bible son credo: "Nous, nous savons que nous 
sommes passés de la mort à la vie, puisque nous aimons nos 
frères. N'aimons pas en paroles et de langue, mais en acte et 
dans la vérité." 
     
    VOIR AUSSI 
    L'ENCADRE sur les principaux suspects:  ID:nL5N16V4ZN  
    LE POINT sur les attentats de Bruxelles:  ID:nL5N16V04G  
 
 (Simon Carraud pour le service français, édité par Sophie Louet 
et Henri-Pierre André) 
 
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