PORTRAIT-Avec Trump, l'ex-général Flynn revient au coeur du pouvoir

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    par Phil Stewart et Jonathan Landay 
    WASHINGTON, 19 novembre (Reuters) - Sur le chemin du bureau 
de vote, le 8 novembre dernier, jour de l'élection 
présidentielle américaine, Michael Flynn a sorti son téléphone 
et s'est filmé pour dire que son vote pour le candidat 
républicain Donald Trump faisait partie du combat contre "la 
malhonnêteté et le mensonge" du gouvernement démocrate. 
    Le milliardaire populiste a été élu et Michael Flynn a été 
nommé vendredi conseiller national à la sécurité du futur 
président dont il était déjà un des plus proches conseillers. Le 
général à la retraite revient ainsi au coeur du pouvoir et prend 
 sa revanche contre le gouvernement de Barack Obama à qui il 
reproche de l'avoir injustement renvoyé en 2014 de la Defense 
Intelligence Agency (DIA), le service de renseignements du 
Pentagone, pour avoir dit la vérité au sujet du combat contre 
l'islamisme. 
    Avec son retour en fanfare dans les allées du pouvoir, 
Michael Flynn, 57 ans, promet un séisme ou peu s'en faut.  
    "C'est une révolution par laquelle nous sommes passés", a 
déclaré l'ancien militaire, lors d'un forum samedi dernier. 
"C'est probablement la plus grande élection de l'histoire de 
notre pays, depuis que nous avons porté George Washington au 
pouvoir quand il a décidé qu'il ne serait pas roi." 
    Les partisans de Michael Flynn expliquent que son expérience 
dans la lutte contre l'islamisme radical en Irak et en 
Afghanistan, ainsi que sa franchise qui a pu en hérisser plus 
d'un à Washington, font de lui le genre de fidèle dont Donald 
Trump a besoin pour l'équipe chargée de la sécurité nationale. 
     
    AMER ET FRUSTRÉ ? 
    David Deptula, ancien général de l'armée de l'air qui a 
travaillé avec Michael Flynn, souligne la volonté de celui-ci de 
"dire la vérité au pouvoir" plutôt que de présenter des réponses 
policées qui seraient plus audibles d'un point de vue politique. 
    "Mike Flynn est quelqu'un de direct, pas le genre de type à 
raconter du pipeau. C'est tout à fait ce dont nous avons besoin 
pour les dirigeants qui devront donner des conseils à la 
direction du pays", ajoute-t-il. 
    Les anti-Flynn montrent du doigt son style de management qui 
lui a aliéné certains de ses subordonnés à la DIA, que le 
général voulait réorganiser en raison de sa bureaucratie. C'est 
pour cette raison, disent certains, qu'il a été remercié. Il en 
serait sorti amer et frustré, disent d'autres. 
    Plusieurs anciens responsables américains qui ont travaillé 
avec lui, décrivent Mike Flynn comme très intelligent mais 
mauvais gestionnaire qui, en prônant une réorganisation 
précipitée de la DIA s'est mis à dos les anciens du service. 
    "Flynn a compris que c'était le bazar à la DIA", dit l'un. 
"Mais il a fait savoir qu'il voulait des changements radicaux de 
telle façon qu'il a suscité une résistance à ses idées, quels 
qu'aient été leurs mérites." 
    Deux autres anciens responsables ont eux aussi dit avoir des 
inquiétudes au sujet du style de management de Michael Flynn, ce 
qui risque de présenter quelques inconvénients pour un poste de 
la Maison blanche qui nécessite de coordonner la politique 
américaine et de résoudre les désaccords entre les différentes 
agences. 
    Au sein de la DIA, certains garderaient rancune à Michael 
Flynn pour ses conseils "Dress for success" ("S'habiller pour 
réussir") distribués au personnel en janvier 2013. Il 
recommandait par exemple de s'habiller en fonction de son sexe 
et préconisait le maquillage qui rend les femmes "plus 
séduisantes". Flynn avait ensuite présenté ses excuses. 
     
    RENFORCER LA LUTTE CONTRE LES ISLAMISTES 
    Une chose semble certaine : Flynn va vouloir renforcer la 
lutte contre les islamistes parce qu'il pense que les Etats-Unis 
sont en train de perdre la guerre contre le fondamentalisme 
islamiste qui pourraient durer des générations, expliquent 
d'anciens collègues. N'a-t-il pas écrit sur Twitter : "La peur 
des musulmans est RATIONNELLE" ?  
    Dans un ouvrage qu'il a co-signé, l'ancien général préconise 
une attitude plus dure envers l'Iran, qui passe aussi par la 
guerre de l'information pour exposer les failles de la 
révolution iranienne. 
    Comme Donald Trump, Michael Flynn estime que la décision des 
Etats-Unis d'envahir l'Irak en 2003 a été une erreur 
stratégique. Il aurait fallu à la place se concentrer sur le 
dossier iranien et soutenir l'opposition aux religieux au 
pouvoir à Téhéran. 
    Michael Flynn est également favorable à un réchauffement des 
relations avec Israël, mais veut aussi un renforcement des 
relations avec l'Egypte dont le président autocratique, Abdel 
Fattah al Sissi, a évincé les Frères musulmans du pouvoir et a 
été le premier dirigeant mondial à féliciter Trump. 
    Sur la Russie, les choses sont plus floues. Les apparitions 
de l'ex-général sur la chaîne de télévision publique russe RT, 
notamment à un gala l'an dernier auquel assistait le président 
russe Vladimir Poutine, ont suscité des interrogations dans les 
cercles militaires. 
    Mais il a aussi fait part de son scepticisme sur les 
intentions de Moscou, ce qui ne semble pas correspondre à la 
nouvelle période de détente avec le Kremlin prônée par Trump. 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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