Porto Rico sur le point de faire défaut, veut restructurer sa dette

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par Megan Davies et Jessica DiNapoli NEW YORK, 31 juillet (Reuters) - Porto Rico se trouve en grande difficulté financière, exposant ainsi l'île des Caraïbes à un défaut imminent sur sa dette, situation qui, le cas échéant, pourrait avoir des répercussions sur le marché obligataire. Le gouverneur de Porto Rico, Alejandro Garcia Padilla, avait pris de court les investisseurs le mois dernier en déclarant que la dette de l'île -- d'un montant total de 72 milliards de dollars (66 milliards d'euros) -- était impossible à acquitter et nécessitait une restructuration. L'île, qui a le statut d'État libre associé aux États-Unis, a prévenu qu'elle ne pourrait probablement pas honorer une échéance de 58 millions de dollars due samedi 1er août. Le chef du gouvernement de Porto Rico, Victor Suarez, a déclaré lundi que la trésorerie de l'île était actuellement insuffisante pour faire face à cette échéance. Il s'agirait d'une première pour Porto Rico, qui n'a jamais fait défaut sur le remboursement du principal ou des intérêts de sa dette. Un tel défaut de paiement serait le plus important depuis celui de la ville à Detroit. Porto Rico doit également faire face samedi à une autre échéance de 169,6 millions de dollars et Victor Suarez a assuré que les autorités feraient "tout ce qui est en leur pouvoir" pour assurer ce paiement. La restructuration à venir de la dette inquiète les investisseurs qui se demandent comment Porto Rico va arbitrer entre les remboursements et les besoins de ses citoyens. Un premier défaut de remboursement constituerait en effet le révélateur de "de la faiblesse de la capacité et de la volonté du gouvernement à payer", juge Timothy Blake, de l'agence Moody's. Un éventuel défaut de Porto Rico pourrait ne pas être officialisé avant lundi. En effet, selon les termes de la dette concernée par les échéances de samedi, un paiement tombant durant un week-end peut être effectué le jour ouvré suivant. Les autorités locales pourraient donner davantage de précisions sur le sujet après la réunion d'un groupe de travail sur le sujet prévue lundi à 17h00 GMT. "Ça va être un long processus, un très, très long processus", estime Michael Comes, gérant de portefeuille chez Cumberland Advisors, en Floride. "C'est un peu comme regarder le Titanic couler", a-t-il ajouté. (Avec Karen Pierog à Chicago; Myriam Rivet pour le service français, édité par Benoît van Overstraeten)

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