Porto Rico pour le rattachement aux USA, lors d'un référendum boycotté

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    par Tracy Rucinski  
    SAN JUAN, 12 juin (Reuters) - Les Portoricains ont voté pour 
faire de leur île des Caraïbes hispanophone le 51e Etat des 
Etats-Unis, lors d'un référendum purement consultatif marqué par 
une forte abstention. 
    Mais d'âpres tractations à Washington seront requises pour 
qu'un jour pareil scénario devienne réalité. 
    Selon le gouvernement de San Juan, la perspective d'un 
statut d'Etat américain à part entière a obtenu 97% des 
suffrages lors du référendum organisé dimanche. Sur 2,2 millions 
d'inscrits, la participation n'était cependant que de 23%. 
    Le gouverneur de Porto Rico, Ricardo Rossello, avait fait 
campagne pour ce statut, présenté comme source de croissance 
pour l'île, croulant sous une dette de 70 milliards de dollars 
(62,5 milliards d'euros) et handicapée par un taux de pauvreté 
de 45%, un système scolaire inefficace et des caisses de 
retraite et d'assurance maladie au bord de la faillite. 
    "A partir d'aujourd'hui, le gouvernement fédéral ne pourra 
plus ignorer la voix de la majorité des citoyens américains de 
Porto Rico", a-t-il déclaré dans un communiqué. 
    Le statut politique flou de Porto Rico, qui remonte à 
l'acquisition de l'île par les Etats-Unis à l'Espagne en 1898, a 
contribué à la crise économique en cours, qui a conduit début 
mai le gouverneur à demander à ce que le territoire soit déclaré 
en situation de faillite. 
    "J'ai voté pour devenir un Etat", déclarait Armando Abreu, 
un retraité de 74 ans, après avoir glissé son bulletin dans 
l'urne. "Même si cela reste encore dans un horizon lointain, 
c'est notre seul espoir." 
    Les partisans de ce statut estiment qu'il permettra de 
placer l'île sur un pied d'égalité avec les 50 autres Etats, 
d'accéder à davantage de financements fédéraux et au droit de 
vote à l'élection présidentielle. 
    En vertu du statut actuel d'"Etat libre associé", les 3,5 
millions de citoyens américains de Porto Rico ne paient pas 
d'impôts fédéraux et ne perçoivent pas de financements fédéraux 
pour des programmes comme Medicaid, bien que l'administration 
américaine supervise les domaines financiers et les questions de 
défense, de commerce et d'infrastructures. 
    Le sort de Porto Rico n'est généralement pas considéré comme 
une priorité à Washington. Ce référendum sur le statut de l'île 
est le cinquième du genre à Porto Rico depuis 1967. Le principe 
d'une accession au statut d'Etat des Etats-Unis l'a emporté lors 
du dernier scrutin du même type en 2012. 
     
    "PLÉBISCITE FORCÉ", DIT L'OPPOSITION 
    Le référendum demandait aux électeurs de choisir entre un 
statut d'Etat à part entière, un maintien du statu quo, ou une 
indépendance des Etats-Unis. 
    Les deux principaux partis d'opposition ont boycotté le 
scrutin.  
    Pour Rafael Hernandez Colon, ex-gouverneur membre du PPD 
(Parti populaire démocratique) et partisan de variantes du 
statut actuel, "ce plébiscite forcé a fabriqué une majorité 
artificielle pour le statut d'Etat en privant de voix des 
centaines de milliers de partisans du Commonwealth". 
    Une troisième formation, le Parti de l'indépendance de Porto 
Rico (PIP), soutient l'idée d'une sécession complète. 
    Environ 500 personnes ont manifesté à San Juan, la capitale, 
en faveur d'une sécession des Etats-Unis, brandissant le drapeau 
portoricain et brûlant le drapeau américain. 
    "C'est un plébiscite bidon. L'avenir c'est l'indépendance. 
Nous devons être en mesure de décider de notre propre destinée", 
estimait l'une des organisatrices de la marche, Liliana Laboy. 
    D'autres habitants partageaient plus ou moins cet avis.  
    "On est en faillite et 85% d'entre nous ne parlent pas 
anglais. Pourquoi voulez-vous que le gouvernement américain 
s'embarrasse d'un problème comme Porto Rico", estimait Carolina 
Santos, une jeune mère célibataire. 
 
 (Eric Faye, Julie Carriat et Gilles Trequesser pour le service 
français) 
 
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