Porochenko veut rencontrer rapidement les dirigeants russes

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PETRO POROCHENKO SOUHAITE RENCONTRER LES DIRIGEANTS RUSSES RAPIDEMENT
PETRO POROCHENKO SOUHAITE RENCONTRER LES DIRIGEANTS RUSSES RAPIDEMENT

par Natalia Zinets et Pavel Polityuk

KIEV (Reuters) - Petro Porochenko, qui a revendiqué la victoire dès le premier tour de l'élection présidentielle en Ukraine, a annoncé lundi qu'il espérait rencontrer les dirigeants russes dans la première quinzaine de juin et s'est dit prêt au dialogue avec les séparatistes qui renonceraient aux armes.

L'ancien ministre qui a fait fortune dans le secteur de la confiserie a souligné qu'il ne serait pas possible de rétablir la stabilité dans les régions orientales de l'Ukraine sans la participation de la Russie.

Les séparatistes pro-russes qui contrôlent les provinces de Donetsk et Louhansk ont très fortement perturbé le scrutin de dimanche. Aucun bureau de vote n'a ouvert dans la ville-même de Donetsk, où vivent un million d'habitants. Dans l'ensemble du Donbass, seuls 20% des bureaux de vote ont fonctionné.

Des coups de feu tirés lundi autour de l'aéroport international de Donetsk, encerclé par des représentants armés de la "République populaire de Donetsk", ont souligné à quel point la situation restait tendue dans l'est de l'Ukraine.

"J'espère que la Russie soutiendra les efforts visant à régler la situation dans l'Est", a dit Porochenko lors d'une conférence de presse.

Il s'est par ailleurs redit prêt à un dialogue avec les séparatistes qui déposeront les armes mais a exclu de rencontrer les "terroristes" qui menacent la sécurité du pays.

"Ils veulent maintenir un 'Etat bandit' qui tient par la force des armes. Ce ne sont que des bandits. Nul dans un Etat civilisé ne mènera des négociations avec des terroristes", a-t-il dit.

Porochenko soutient de même la poursuite de l'opération "antiterroriste" lancée dans l'Est par les autorités intérimaires au pouvoir à Kiev. "Protéger la population est l'une des fonctions de l'Etat", a-t-il dit.

Il a également noté qu'il aurait recours à tous les moyens légaux pour obtenir le retour dans le giron ukrainien de la Crimée, annexée en mars à la Fédération de Russie. "Il n'existe aucune justification internationale à l'annexion de la Crimée, qui a détruit la totalité du système de sécurité globale mis en place après la Guerre froide."

MOSCOU PRÊT AU DIALOGUE

A Moscou, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a redit comme Vladimir Poutine la semaine dernière que Moscou respecterait la volonté exprimée par le peuple ukrainien et a annoncé que la Russie était prête à un dialogue avec Porochenko.

"Comme le président l'a dit plus d'une fois, nous sommes prêts au dialogue avec les représentants de Kiev, nous sommes prêts au dialogue avec Petro Porochenko", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Lavrov a toutefois souligné qu'on ne pouvait "pas fermer les yeux sur le fait que la prétendue 'opération antiterroriste' n'a pas cessé" durant la campagne et le scrutin et a ajouté qu'une intensification de cette campagne constituerait une "erreur colossale".

"La chance qui existe à présent d'établir un dialogue mutuel respectueux et équitable ne doit pas être manquée", a-t-il noté.

Les premiers résultats préliminaires communiqués lundi confirment l'élection dès le premier tour du milliardaire.

Après dépouillement de près de la moitié des suffrages, il obtient 53,7% des voix, loin devant sa plus proche adversaire, l'ex-Première ministre Ioulia Timochenko donnée à 13,1%.

Les Etats-Unis et les Européens, qui soutenaient la tenue de cette élection, ont salué le déroulement de l'élection.

Dans un communiqué, Barack Obama, qui ne mentionne pas le nom de Porochenko, a estimé dès dimanche soir que c'était "une nouvelle étape importante franchie dans le cadre des efforts du gouvernement ukrainien pour unifier le pays, impliquer tous ses concitoyens et faire en sorte que leurs inquiétudes et leurs aspirations soient prises en compte".

En France, Laurent Fabius a adressé sans attendre la proclamation des résultats officiels ses "félicitations très chaleureuses" à Porochenko.

"Nous examinerons avec attention les résultats de la Commission électorale centrale et l'évaluation de l'OSCE sur la tenue des élections", ajoute le chef de la diplomatie française.

"Les conditions sont désormais réunies pour que l'Ukraine avance dans le respect des orientations décidées par ses citoyens et que les réformes nécessaires soient menées à bien, dans un esprit d'apaisement, de stabilité et de dialogue."

(avec Alastair McDonald et Gareth Jones; Henri-Pierre André pour le service français)

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