Porochenko signe une loi permettant de poursuivre Ianoukovitch

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KIEV, 21 octobre (Reuters) - Le président ukrainien Petro Porochenko a signé mardi une loi permettant la poursuite en justice par contumace du dirigeant déchu Viktor Ianoukovitch pour des crimes et délits qui se seraient déroulés sous son mandat. La population ukrainienne reproche à Petro Porochenko et à son gouvernement pro-occidental, qui espèrent que les élections législatives prévues dimanche légitimeront son plan de paix ainsi que ses projets de rapprochement avec l'Union européenne, un laxisme envers Viktor Ianoukovitch, qui a quitté le pouvoir sous la pression de la rue et fui le pays en février. Les autorités ukrainiennes accusent l'ancien dirigeant, qui a trouvé refuge en Russie, d'être impliqué dans la mort de manifestants tués par balles par les forces de sécurité lors du soulèvement de Maïdan, dans le vol à grande échelle de propriétés et de fonds appartenant à l'Etat et dans une tentative de renversement du nouveau pouvoir. Jusqu'à présent, la législation ukrainienne ne permettait pas de poursuivre des personnes ayant fui le pays pour des crimes commis en Ukraine. Les amendements au code pénal ont été signés afin de permettre de juger en leur absence "ceux qui ont volé les nôtres" et qui ont trouvé refuge à l'étranger, écrit Petro Porochenko sur son site internet. La loi ainsi modifiée prévoit la possibilité de saisir les actifs et propriétés de ceux reconnus coupables par contumace de crimes et délits contre le peuple ukrainien, a-t-il ajouté. Viktor Ianoukovitch détient notamment une importante propriété aux alentours de Kiev et une villa au bord de la mer Noire. (Natalia Zinets et Richard Balmforth; Agathe Machecourt pour le service français)

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  • M8444634 le mercredi 22 oct 2014 à 00:02

    C'est incroyable : les putschistes qui, à l'instigation de l'Otan, ont renversé le président légitime (élu avec 54% des voix) se proposent maintenant de le juger ! C'est le monde à l'envers, un peu comme en Egypte où l'armée renverse le président fraichement élu et le met en prison sans que la fameuse "communauté internationale" y trouve rien à redire...