Porochenko exclut une solution militaire en Ukraine

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(Actualisé avec déclarations supplémentaires) par Gareth Jones et Pavel Polityuk KIEV, 12 septembre (Reuters) - Petro Porochenko a déclaré vendredi qu'il n'y avait pas de solution militaire à la crise dans l'est de l'Ukraine et il s'est de nouveau dit favorable à une décentralisation modérée au profit des régions. Après cinq mois de conflit, les autorités ukrainiennes et les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine observent depuis une semaine un cessez-le-feu qualifié de "très fragile mais efficace" par le président ukrainien. "Il n'y a pas de solution militaire à cette crise", a dit Petro Porochenko à des parlementaires et hommes d'affaires européens et ukrainiens présents à la conférence stratégique européenne de Yalta, un événement annuel qui s'est déroulé cette fois à Kiev en raison de l'annexion de la Crimée par la Russie en mars. "J'espère que ce processus de paix très fragile mais efficace qui a débuté il y a exactement une semaine perdurera (au profit) d'une paix stable et de la sécurité sur le continent", a ajouté le président ukrainien, qui s'exprimait en anglais. Petro Porochenko a souligné que l'accord d'association conclu avec l'Union européenne fournissait le programme des réformes qu'il compte mettre en oeuvre de manière prioritaire après les élections législatives prévues le 26 octobre, à condition que la paix tienne dans l'Est. Il a exprimé le voeu que les parlements ukrainien et européen se coordonnent pour valider en même temps, le 16 septembre, cet accord renforçant les liens politiques et économiques entre l'UE et l'Ukraine. Tout en insistant sur le rétablissement de la sécurité, il a dit avoir formé une équipe d'experts chargée de contribuer à la lutte contre la corruption, qu'il a assimilée à un "cancer" rongeant les fondations de l'Etat. ÉCHANGE DE PRISONNIERS "Les investisseurs viendront quand ils se sentiront en sécurité dans ce pays. C'est pourquoi nous avons entrepris de réformer notre appareil de sécurité très inefficace ainsi que notre armée, notre appareil judiciaire (...) Si nous ne réformons pas ces domaines, même après la guerre, les investisseurs ne viendront pas", a dit le chef de l'Etat, lui-même riche homme d'affaires ayant fait fortune dans la confiserie, ce qui lui vaut le surnom de "roi du chocolat". "Je sais personnellement combien l'Etat peut être néfaste au climat des affaires", a-t-il dit. Le cessez-le-feu, qui a globalement permis de ramener le calme dans l'est de l'Ukraine, est assorti d'un accord sur un échange de prisonniers. Les forces gouvernementales et les séparatistes prorusses ont remis chacun 37 prisonniers de guerre au camp adverse au cours de la nuit de jeudi à vendredi, au nord de Donetsk, ville tenue par les rebelles. Cité par Interfax, Andreï Pourguine, "vice-Premier ministre" de la république autoproclamée de Donetsk, a déclaré que le prochain échange aurait lieu dimanche. Les séparatistes ont prévenu que, malgré la trêve, ils ne renonçaient pas à leur objectif d'indépendance pour l'est de l'Ukraine. Petro Porochenko a clairement exclu vendredi une telle hypothèse. "Pour préserver l'unité du pays, il nous faut une décentralisation des pouvoirs", a dit le président ukrainien, avant d'ajouter: "Les domaines essentiels de la sécurité, des affaires étrangères, des éléments stratégiques de développement doivent être placés entre les mains de la puissance centrale." Petro Porochenko s'est en outre réjoui des nouvelles sanctions imposées vendredi par l'Union européenne à la Russie, accusée d'alimenter l'agitation séparatiste dans l'est de l'Ukraine. "Je n'avais jamais ressenti auparavant ce niveau de solidarité", a-t-il dit, en citant également les manifestations de soutien envers l'Ukraine exprimées lors du récent sommet de l'Otan au Pays de Galles. "Je me sens comme un membre à part entière de la famille européenne", a-t-il ajouté. (Avec Anton Zverev à Iassinovataïa; Bertrand Boucey pour le service français)

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  • M4709037 le vendredi 12 sept 2014 à 12:54

    tous ces morts pour constater enfin qu'il faut plus de décentralisation, ce qui était évident de faire depuis le début !