Polynésie-Hollande admet "les conséquences" des essais nucléaires

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    PAPEETE, Polynésie française, 23 février (Reuters) - 
F rançois Hollande a déclaré lundi reconnaître les "conséquences" 
environnementales et sanitaires des essais nucléaires menés 
pendant 30 ans en Polynésie française, sans pour autant demander 
"pardon" comme certain l'avaient souhaité. 
    Dans un discours très attendu prononcé lundi à la mi-journée 
à la présidence de la Polynésie française, à Papeete, le 
président de la République a dit reconnaître que les essais 
nucléaires menés par la France entre 1966 et 1996 en Polynésie 
française, notamment au niveau des atolls de Mururoa et 
Fangataufa, "ont eu un impact environnemental, provoqué des 
conséquences sanitaires (...)". 
    Les habitants de Polynésie françaises considèrent que les 
essais sont responsables d'un certain nombre de cancers dans 
l'archipel. 
    "Le traitement des demandes des victimes des essais 
nucléaires sera revu", a ajouté le chef de l'Etat, en disant 
vouloir "tourner la page du nucléaire". 
    Les autorités de l'archipel se plaignent de la lenteur de 
l'application de la loi Morin du 5 janvier 2010 destinée à 
indemniser les Polynésiens ayant des problèmes de santé dus aux 
essais nucléaires.  
     
    "IL FAUT DES ACTES FORTS" 
    Selon le réseau Sortir du nucléaire, seules 19 personnes, 
dont à peine cinq Polynésiens, ont pu bénéficier d'une 
indemnisation à ce jour.  
    En ce qui concerne les conséquences environnementales des 
essais, "des missions destinées à mesurer les conséquences 
radiologiques et psychochimiques sur les atolls et les lagons 
(de Mururoa et de Fangataufa) seront poursuivies et amplifiées", 
a déclaré François Hollande.     
    Il a également annoncé le déblocage d'un crédit de 5,86 
millions d'euros au bénéfice du service oncologie du centre 
hospitalier territorial, service au sein duquel il a dit 
souhaiter l'emploi de trois médecins à plein temps.   
    Enfin, ce qu'il est convenu d'appeler "la dette du 
nucléaire", une dotation qui vise à compenser la perte 
d'activité économique engendrée par la fin des essais nucléaires 
en 1996, devrait être "sanctuarisée" et son montant sera porté 
et maintenu à 90 millions d'euros. 
    François Hollande n'a pas été jusqu'à demander "pardon" 
comme l'auraient souhaité certains, et notamment le père 
Auguste, président de l'Association 193 (chiffre correspondant 
au nombre d'essais menés par la France à Mururoa et Fangataufa). 
    Le président de l'association "Moruroa e Tatou", Roland 
Oldham, s'est montré prudent sur les annonces du chef de l'Etat. 
    "Nous attendons des changements dans les faits. Pour le 
nucléaire, nous voulons une vraie révision de la loi Morin 
! Sarkozy a lui aussi, a reconnu la nocivité du nucléaire, et 
pourtant, aujourd'hui, toujours rien. Les discours sont beaux, 
mais il faut des actes forts maintenant."  
 
 (Daniel Pardon, avec Elizabeth Pineau à Paris, édité par 
Danielle Rouquié) 
 
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  • M898407 le mardi 23 fév 2016 à 08:20

    Le roi de la repentance et de la compassion, mais le plus nul dans l'action ! On a vraiment besoin d'un autre profil pour diriger la France.