Pollution: les écoles primaires fermées à Téhéran

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Brouillard de pollution au-dessus de Téhéran, le 14 novembre 2016 ( AFP / ATTA KENARE )
Brouillard de pollution au-dessus de Téhéran, le 14 novembre 2016 ( AFP / ATTA KENARE )

Les autorités iraniennes ont décidé de maintenir les écoles primaires fermées pour la journée de mardi en raison de la poursuite de pics de pollution enregistrés dans la capitale depuis une semaine.

"Les crèches et les écoles primaires sont fermées lundi à Téhéran et dans la plupart des villes de la province", avait annoncé le ministère de l’Éducation cité par l'agence de presse officielle Irna.

Cette mesure a été renouvelée pour la journée de mardi à cause d'une forte pollution dans la capitale.

De même, la circulation alternée a été étendue à une zone plus importante dans le centre de la capitale et certaines usines ont été fermées dans la province de Téhéran.

La pollution de l'air dans la capitale iranienne, qui compte 14 millions d'habitants avec ses villes périphériques, a atteint des niveaux très élevés depuis une semaine avec un taux de particules fines PM2,5 de 156 microgrammes par m3 lundi, voire 232 microgrammes par m3 dans le nord-est de la capitale. L’Organisation mondiale de la santé recommande des niveaux de 25 microgrammes par m3.

"La pollution s'aggrave jour après jour. Surtout qu'on est en automne, il fait plus froid et il y a le phénomène de l'inversion des températures. Il y a eu aussi l'ouverture des écoles et donc plus de circulation automobile", a déclaré à l'AFP Zeynab Nazari, un étudiante en première année de sociologie.

"Comme personne n'y pense, chaque année le phénomène s'aggrave", ajoute-t-elle. "Le gouvernement doit empêcher les voitures anciennes, il faut développer les transports en commun", dit-elle encore.

Le phénomène de la pollution n'est pas limité à la seule capitale. En effet, une dizaine d'autres villes iraniennes sont également touchées par ces pics de pollution.

Les autorités ont demandé aux catégories "sensibles comme les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes ou encore les personnes ayant des problèmes cardiovasculaires de ne pas sortir de chez eux".

Des ambulances ont été positionnées sur les principales places de Téhéran en cas d'urgence.

La pollution à Téhéran, embouteillée de manière quasi permanente, est provoquée à 80% par les gaz d'échappement des quelque cinq millions de véhicules, qui souvent n'ont pas de catalyseur, et trois millions et demi de motocyclettes qui sont encore plus polluantes que les voitures car dotées d'un moteur à carburateur.

"Heureusement, je ne prends jamais de voiture (...) Depuis deux jours que le gouvernement a pris des mesures, il y a moins de voitures. Le gouvernement doit renforcer les transports en commun, les contrôles techniques des voitures (...) Ils disent qu'ils le font", a affirmé pour sa part Mehran Bagheri, employé d'une société privée, âgé de 53 ans.

"J'ai lu dans le journal qu'en Californie, le gouverneur avait rationné l'eau à cause de la sécheresse. C'est ce qu'il faut peut-être faire et empêcher les gens d'utiliser leur voiture. Ce sera dans l'intérêt des gens", ajoute-t-il.

Le maire de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, a utilisé le métro dimanche pour se rendre au travail pour encourager les Téhéranais à utiliser les transports publics. Il reproche au gouvernement de ne pas donner de moyens suffisants à la mairie pour déveloplmper les transports en commun.

Tous les ans à l'arrivée de l'hiver, la capitale iranienne connaît des pics de pollution à cause d'un phénomène d'inversion de la température.

En décembre 2015, les écoles primaires avaient été fermées pendant cinq jours consécutifs.

Chaque année, des milliers de personnes meurent à Téhéran à cause de la pollution de l'air.

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