Pollution en Chine : les langues se délient

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La hausse perpétuelle de la pollution atmosphérique en Chine apporte un autre éclairage sur le modèle de développement économique du pays le plus peuplé de la planète
La hausse perpétuelle de la pollution atmosphérique en Chine apporte un autre éclairage sur le modèle de développement économique du pays le plus peuplé de la planète
Plusieurs quotidiens influents prônent une réflexion de fond sur l'actuel modèle de développement de la future première puissance économique mondiale.

Les périls environnementaux sont autant de sujets très sensibles en Chine. Largement noyautée, ou à tout le moins très contrôlée, la presse n'en rend quasiment pas compte et nos confrères qui auraient l'outrecuidance de tout de même enquêter sur place sont généralement, au minimum, empêchés.

Premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète, un leadership qu'il n'est selon toute vraisemblance pas prêt de perdre étant donné l'accroissement démographique et la nette domination des énergies fossiles dans son bouquet énergétique, l'Empire du Milieu a en particulier très fort à faire pour réduire la pollution, son talon d'Achille. Celle-ci atteint aujourd'hui des niveaux inédits à Pékin, et alors que les autorités continuent de briller par leur opacité, les médias se rebiffent.

En témoigne la Une de nos confrères du Quotidien du Peuple, qui est pourtant l'organe officiel du Parti communiste chinois (PCC) et selon lequel ? c'est écrit en gros caractères - « Édifier une belle Chine commence par respirer de façon saine ». Une critique explicite (et rarissime) du modèle de développement actuel, indépendamment des efforts consentis par les pouvoirs publics pour promouvoir l'énergie durable (NDLR : rappelons à cet égard que la Chine est, de loin, la première puissance mondiale en termes de production d'électricité d'origine éolienne).


« Le choix entre le développement et la protection de l'environnement devrait s'exercer selon des méthodes vraiment démocratiques »



Le Global Times, auquel il n'a pas échappé que la contestation des masses va crescendo, considère quant à lui que « si (la Chine continue) avec ce mode de développement sans l'ajuster, les dommages à long terme seront graves ». Plaidant pour que « le choix entre le développement et la protection de l'environnement (s'exerce) selon des méthodes vraiment démocratiques » et pour une publication « des données environnementales en toute franchise », le quotidien a constaté comme tout un chacun une accumulation de la pollution et une aggravation du phénomène en dépit des dispositions prises par le gouvernement.

Même son de cloche au sein de la rédaction du China Daily, pour qui le débat sur ce sujet capital, tant du point de vue environnemental que du point de vue sanitaire, est « salutaire ». Et d'ajouter, dans un éditorial relayé par le site Internet de 20 Minutes : « En plein processus d'urbanisation rapide, il est urgent pour la Chine de réfléchir à comment mener ce processus sans que la qualité de vie urbaine soit compromise par un environnement de pire en pire. »

Nouvel homme fort du pays, pouvait rêver entrée en matière plus sereine.
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  • M2606534 le mardi 15 jan 2013 à 18:01

    VIVE LE NUCLEAIRE !!!!