POINT HEBDO-Le pétrole fait douter de l'inflation et freine les marchés

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    * Les prix du pétrole retombent à des plus bas de neuf mois 
    * Le "reflation trade" a du plomb dans l'aile 
    * La normalisation monétaire en question 
    * MSCI intègre les actions chinoises continentales 
 
    par Patrick Vignal 
    PARIS, 23 juin (Reuters) - La menace d'une décélération de 
l'inflation, en raison notamment de la faiblesse des prix du 
pétrole, a pesé cette semaine sur les marchés actions et 
pourrait encore freiner les indices dans la semaine qui 
s'annonce, confirmant le scénario d'une pause estivale pour les 
actifs risqués avancé par plusieurs analystes. 
    La semaine a commencé dans le sillage du net succès du 
mouvement d'Emmanuel Macron aux élections législatives en 
France, qui a soutenu dans un premier temps la Bourse de Paris, 
mais également de la confirmation d'un ralentissement de 
l'inflation dans la zone euro avec une contraction des prix de 
0,1% le mois dernier.     
    La chute des cours du pétrole ces derniers jours a encore 
alimenté les doutes sur les perspectives d'inflation. Le nouveau 
coup de mou des prix du brut est intervenu à la suite de 
l'annonce d'une augmentation de la production de la Libye et du 
Nigeria qui met en doute l'efficacité des accords de l'Opep et 
de ses alliés pour encadrer la production afin de soutenir les 
prix. 
    Le baril de Brent de mer du Nord  LCOc1  se traite autour de 
45 dollars et celui du brut léger américain  CLc1  sous les 43 
dollars, non loin des niveaux d'août dernier. 
    Les cours du brut ont ainsi fondu d'environ 20% depuis le 
début de l'année, ce qui représente leur pire performance sur un 
premier semestre depuis 1997, quand les cours avaient chuté en 
raison d'une augmentation de la production et de la crise 
financière en Asie. 
     
    LA COURBE DES TAUX S'APLATIT  
    Les récentes statistiques américaines mitigées contribuent 
elles aussi à enterrer au moins provisoirement la promesse d'un 
"reflation trade" et à entretenir un climat général qui pourrait 
compromettre la normalisation en cours ou attendue des 
politiques monétaires des grandes banques centrales. 
    Cela a pesé cette semaine sur les valeurs financières en 
Bourse et entraîné les rendements obligataires à la baisse, tout 
en provoquant un aplatissement de la courbe des taux. 
  
    "Nous nous attendons à ce que l'inflation reste relativement 
stable mais nous observons aussi des risques à la baisse sur 
l'inflation", expliquent les économistes de Citigroup dans leurs 
perspectives économiques pour le second semestre, qui incluent 
une révision à la baisse de la prévision d'inflation mondiale 
pour cette année, à 2,5% contre 2,6% en novembre. 
    Dans ce contexte, la première estimation de l'inflation dans 
la zone euro au mois de juin, qui sera publiée vendredi 
prochain, sera observée à la loupe par les marchés. 
 
    LE STERLING TANGUE 
    Autre événement de la semaine qui s'achève, le début des 
négociations formelles entre Londres et Bruxelles sur le Brexit, 
une procédure qui pourrait conduire Standard & Poor's à dégrader 
la note souveraine de la Grande-Bretagne.   
    Les négociations commencent un an après le fameux référendum 
du 23 juin 2016, dont les effets sur l'économie britannique 
restent limités pour l'instant à la dépréciation de la livre 
sterling et à une montée de l'inflation. 
    En attendant de connaître les termes du divorce, le sterling 
reste sous pression et a beaucoup tangué cette semaine au rythme 
de déclarations contradictoires venues de responsables de la 
Banque d'Angleterre.  GBP=  EURGBP=  
    Son gouverneur, Mark Carney, l'a fait baisser en disant 
mardi que c'était pas le moment de remonter les taux. Le 
lendemain, la devise britannique grimpait après un discours de 
l'économiste en chef de la banque centrale, Andy Haldane, dans 
lequel il a dit envisager un resserrement avant la fin de 
l'année.    
    A l'approche d'une nouvelle saison de résultats trimestriels 
qui se profile déjà et qui dira si la cherté des actions est 
justifiée par les bénéfices des entreprises, la semaine qui 
vient s'annonce plutôt calme avec tout de même une série 
d'indicateurs sur la confiance du consommateur et le climat des 
affaires en zone euro comme aux Etats-Unis. 
     
    MAUVAISES SURPRISES ATTENDUES 
    Avec des valorisations tendues, même si la prime de risque 
des actions par rapport aux obligations demeure confortable, les 
attentes des investisseurs sont fortes et leur confiance peut 
être facilement ébranlée, fait valoir François-Xavier Chauchat, 
membre du comité d'investissement de Dorval Asset Management. 
    "Les risques deviennent plus asymétriques, ce qui veut dire 
que les effets négatifs des mauvaises nouvelles peuvent être 
plus importants que les effets positifs des bonnes nouvelles", 
précise-t-il. 
    Gérants et analystes étudient donc encore plus soigneusement 
que d'habitude l'indice des surprises économiques qu'établit 
pour eux Citigroup et qui mesure l'écart entre les indicateurs 
macroéonomiques et les prévisions. 
    Déjà négatif au niveau mondial, notamment à cause des 
Etats-Unis, où il est à son plus bas niveau depuis 2011, cet 
indice s'apprête à repasser en territoire négatif pour la zone 
euro, lit-on dans une note de stratégie de Deutsche Bank. 
    Sur les marchés, l'indice large européen Stoxx 600  .STOXX  
s'oriente vers sa troisième semaine consécutive de baisse, pour 
la première fois depuis juin 2016. De son côté, le marché 
d'actions américain est resté étale.  .SPX   
 
    OPTIMISME A MOYEN TERME 
    La tendance pour les actions à plus long terme n'est 
cependant pas négative, plusieurs experts les voyant rebondir au 
sortir de la léthargie estivale, quand la croissance des 
bénéfices des entreprises, qui devrait se prolonger en 2018, 
sera intégrée dans les cours. 
    "Nous restons positifs sur un horizon à six mois", écrivent 
ainsi les stratèges actions de BofA Merrill Lynch. "Notre 
scénario de base demeure un environnement de milieu-fin de cycle 
dans lequel les actions réalisent traditionnellement de bonnes 
performances". 
    Même optimisme à moyen terme du côté d'Alexandre Neuvy, 
directeur de la gestion privée de Swiss Life AM. "On revient 
dans un monde plus normal avec de l'investissement long terme", 
dit-il.  
    "On peut très bien avoir des marchés cet été sans grande 
évolution, moins alimentés par des catalyseurs ponctuels. Les 
investisseurs s'intéressent à nouveau aux bénéfices des 
entreprises ; c'est sain. On sort de la dépendance aux banques 
centrales pour s'intéresser à nouveau à l'économie". 
    Toujours du côté des actions, le spécialiste des indices 
MSCI  MSCI.N  a pris cette semaine une décision de poids pour 
les marchés financiers internationaux avec l'intégration des 
actions chinoises continentales dans son indice mondial des 
marchés émergents  .MSCIEF . 
    La décision du prestataire d'intégrer des actions chinoises 
de catégorie A dans cet indice très suivi pourrait aboutir à 
déplacer en une dizaine d'années quelque 400 milliards de 
dollars de fonds gérés par les intermédiaires de marchés vers 
les places boursières de Chine continentale, estiment des 
analystes.           
 
 (édité par Blandine Hénault) 
 
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