PO-La solution à deux Etats réaffirmée et assortie d'une mise en garde

le , mis à jour à 21:01
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    * Soixante-dix pays et organisations réunis à Paris 
    * Rappel de la base des négociations sur les frontières de 
1967 
    * Le texte final ne mentionne pas explicitement Trump 
 
 (Actualisé avec Royaume-Uni, deux derniers §§) 
    par John Irish et Marine Pennetier 
    PARIS, 15 janvier (Reuters) - Quelque 70 pays et 
organisations internationales ont réaffirmé dimanche, à Paris, 
leur attachement à la solution à deux Etats dans le conflit 
israélo-palestinien et adressé une mise en garde aux deux 
parties contre l'adoption de mesures unilatérales susceptibles 
de peser sur cet objectif.  
    A cinq jours de l'arrivée de Donald Trump à la Maison 
blanche, la déclaration finale de la "conférence sur la paix au 
Proche-Orient" ne mentionne pas explicitement la proposition 
controversée du président élu américain de transférer 
l'ambassade américaine à Jérusalem mais contient, selon un 
diplomate français, une mise en garde "subliminale" à la 
nouvelle administration.      
    "La paix ne se fera que s'il y a une volonté et un 
engagement concret entre Israéliens et Palestiniens", a déclaré 
le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, à l'issue 
d'une journée d'échanges à laquelle ont participé des pays 
arabes, européens et membres permanents du Conseil de sécurité 
de l'Onu.  
    Près de trois ans après la suspension, en avril 2014, des 
dernières négociations de paix directes menées sous l'égide des 
Etats-Unis, les pays réunis à Paris appellent les deux parties à 
montrer "leur engagement sincère" à avancer vers la solution à 
deux Etats. 
    Dans leur déclaration finale, ils préviennent qu'ils ne 
reconnaîtront aucune mesure "unilatérale" qui préjugerait "du 
résultat des négociations sur le statut final", qu'elle soit 
liée à la question de Jérusalem, des frontières, de la sécurité 
ou des réfugiés.            
    "Alors que certains s'interrogent, il est bon de rappeler la 
base (des négociations-NDLR), ce sont les frontières de 1967 
(avant la guerre des six-jours-NDLR) et ce sont les grandes 
résolutions des Nations unies", a souligné Jean-Marc Ayrault.  
         
    MESSAGE SUBLIMINAL 
    Relégué au second plan compte tenu de la guerre en Syrie et 
de la lutte contre le groupe Etat islamique, le conflit 
israélo-palestinien est revenu sur le devant de la scène le 23 
décembre avec l'adoption d'une résolution au conseil de sécurité 
de l'Onu condamnant la colonisation israélienne des territoires 
palestiniens.  
    Le vote du texte, permis par l'abstention américaine, a 
suscité l'ire de Benjamin Netanyahu qui mise sur l'arrivée de 
Donald Trump à la Maison blanche, le 20 janvier prochain, pour 
tourner la page de huit ans de relations tendues avec Barack 
Obama.      
    L'homme d'affaires américain a notamment annoncé son 
intention de déplacer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à 
Jérusalem, un projet aussitôt dénoncé par Mahmoud Abbas qui 
estime qu'il "réduirait à néant" la solution à deux Etats.  
    La partie du texte contenant la mise en garde contre toute 
mesure unilatérale "est un paragraphe tortueux et compliqué pour 
faire passer un message subliminal à l'administration Trump", 
souligne une source diplomatique française.  
    S'exprimant devant des journalistes à Paris à l'issue de la 
conférence, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, n'a pas 
précisé si les négociateurs américains avaient dû batailler pour 
éviter toute mention explicite au projet soutenu par Donald 
Trump. 
    Une telle mention n'aurait toutefois pas été appropriée, la 
projet de transfert étant pour l'heure débattu au niveau 
national et non international, a-t-il souligné.      
     
    RÉUNION DE SUIVI D'ICI LA FIN DE L'ANNEE 
    Dans leur déclaration commune, les pays réunis à Paris 
saluent également les efforts de la communauté internationale en 
faveur de la paix au Moyen-Orient, notamment l'adoption de la 
résolution réclamant la fin de la colonisation israélienne. 
    Une réunion de suivi de l'initiative française se tiendra 
avec les pays qui le souhaitent d'ici la fin de l'année. 
    Voulue par Paris, la conférence devait initialement être 
suivie d'un compte rendu aux deux parties par le chef de l'Etat 
français, François Hollande. 
    Elle s'est finalement tenue en l'absence du président de 
l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et du Premier ministre 
israélien, Benjamin Netanyahu, après le refus de l'Etat hébreu 
de participer à ce qu'il a qualifié de "conférence truquée." 
    Le président palestinien, qui avait accepté le format 
proposé par la France, ne sera reçu que dans un cadre bilatéral 
à Paris "dans les prochaines semaines" par François Hollande. 
    Dans un communiqué publié dimanche soir, Mahmoud Abbas salue 
l'initiative française et la conférence qui va permettre, selon 
lui, de mettre un coup d'arrêt à la colonisation israélienne, y 
compris à Jérusalem. 
    Tout en se disant déterminée à obtenir une solution à deux 
Etats, la diplomatie britannique a quant à elle exprimé des 
"réserves", qu'elle justifie par l'absence de négociations 
bilatérales entre Israéliens et Palestiniens.  
    "Il y a donc des risques que cette conférence durcisse les 
positions", a réagi un porte-parole du Foreign Office dans un 
communiqué.   
 
 (avec Lesley Wroughton, Edité par Simon Carraud) 
 
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