PO-Abbas et Netanyahu ensemble à Paris, la photo inattendue

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PARIS/JERUSALEM, 12 janvier (Reuters) - Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas défilant à deux mètres l'un de l'autre dans les rues de Paris : il s'en est fallu de peu pour que l'image prise dimanche n'existe pas. La venue des deux dirigeants s'est décidée à la dernière minute, après la prise d'otages qui a fait quatre morts vendredi dans un supermarché casher de Paris, un acte antisémite. Le chef du gouvernement israélien, qui s'est entretenu avec François Hollande vendredi soir, ne devait pas venir au départ, pas plus que le président de l'Autorité palestinienne, dont le bureau invoquait alors le mauvais temps. Selon l'entourage du Premier ministre israélien, un conseiller de François Hollande a même tenté de dissuader Benjamin Netanyahu de venir à Paris, expliquant qu'il serait "inconfortable" et "compliqué" de le recevoir, essentiellement pour des raisons de sécurité. Une version démentie par l'entourage du président français, qui évoque toutefois la rapidité de l'organisation du défilé et les impératifs de "sécurité maximale" imposés par la présence d'un nombre aussi important de dirigeants de haut niveau. Des observateurs ont fait un lien entre la venue de Benjamin Netanyahu et celle des ses rivaux politiques, les ministres des Affaires étrangères et de l'Economie, Avigdor Lieberman et Naftali Bennett, deux représentants de la droite nationaliste en lice pour les élections du 17 mars. Sans que l'on sache exactement comment les choses ont évolué, Benjamin Netanyahu confirmait samedi soir qu'il serait bien le lendemain à Paris. Dans le même temps, l'Elysée annonçait la venue du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, que François Hollande avait eu au téléphone à la mi-journée. A la question de savoir si François Hollande a insisté pour que Mahmoud Abbas soit présent, l'entourage du président évoque un souci d'équilibre. "Il était important, dans le message que la France voulait donner au monde, qu'il y ait le plus grand équilibre et la plus grande représentativité possible. La présence de deux donnait un poids supplémentaire au message de paix et de solidarité vis-à-vis des Français", explique-t-on. Interrogé lundi à Paris sur les atermoiements ayant précédé sa visite en France, Benjamin Netanyahu a temporisé. "Il était important que je vienne donc je l'ai fait", a-t-il dit, expliquant que les questions de sécurité avaient constitué le principal sujet de préoccupation. Les images parisiennes de Benjamin Netanyahu sur les réseaux sociaux ont suscité des commentaires mesurés en Israël. Cela n'a pas été le cas pour Mahmoud Abbas. Le dirigeant palestinien a été vilipendé par la presse palestinienne pour avoir choisi de venir à Paris plutôt qu'à Gaza, où il ne s'est pas rendu depuis le conflit avec Israël de l'été dernier. (Luke Baker à Jérusalem, Elizabeth Pineau et Tom Heneghan à Paris, édité par Yves Clarisse)

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