"PME : c'est maintenant ou jamais ?" - Tchat avec Jean-Paul Betbèze du Cercle des économistes

le
3

Les Petites et Moyennes Entreprises constituent le socle de l'économie française. Sont-elles pour autant défendues ? Sont-elles aujourd'hui suffisamment armées pour accompagner la sortie de crise ? Non, estime Jean-Paul Betbeze, qui appelle à un sursaut en leur faveur.

Comment faudra-t-il dire que l'emploi et la croissance viennent très largement des PME ? Comment faudra-t-il écrire que leur rentabilité est trop basse, leurs métiers pas facilités par l'administration, les règles, les normes et les impôts excessifs, alors que la concurrence internationale est partout plus violente ?

On sait bien, pourtant, que les PME en France représentent plus de 2/3 de la valeur ajoutée privée et de la croissance, autrement dit qu'elles sont essentielles pour la reprise, l'emploi, et la réduction de la dette publique. On voit aussi qu'elles recommencent à investir, mais trop peu, avec des marges réduites, et donc qu'elles vont s'endetter encore un peu plus. Mais elles avancent en faisant très attention, face à des banques dont elles connaissent bien les contraintes. Tout est donc en place pour une reprise faible, avec un emploi qui souffre encore dans le secteur privé. Bref, nous sortons très lentement de cette crise.

Dans un tel contexte, le gouvernement pilote au plus serré, profitant autant que possible de la « reprise » - qui est limitée, allant au maximum de la pression fiscale - avec les réactions sociales et populaires que l'on voit, promettant des réductions de dépenses fiscales - mais quand et comment. Les PME intègrent toutes ces données et « s'organisent » une croissance au-dessous de leurs capacités, avec les effets sur l'emploi que l'on sait. Elles obtiennent alors une croissance plus faible, et le système économique fonctionne en sous régime. Comment en sortir ? Plus ça va, moins ça va...

Les conditions de crédit bancaire permettent de poursuivre cette évolution lente, notamment en zone euro, mais ceci aussi longtemps que les taux longs américains sont faibles. Le jour où ils remonteront plus, un « jour » qui se rapproche, tel ne sera plus le cas. L'attentisme financier actuel ne sera plus possible.

Alors, les PME françaises pourront se mettre à réorganiser davantage leurs activités en étant plus sélectives encore, avec les effets que l'on imagine sur la croissance - un risque de stagnation. Ou alors les pouvoirs publics voient le risque et tranchent. Ils se mettent vraiment à les aider : moins de contraintes réglementaires, ceci dépend d'eux, moins de contraintes sociales - ceci suppose une négociation entre partenaires sociaux, avec un appui public très fort, moins de fiscalité, en tout cas plus de visibilité et de lisibilité dès maintenant.

On voit bien que les PME demandent et attendent pour changer de braquet. Compte tenu des problèmes, on n'imagine pas que des ajustements mesurés suffiront. C'est donc maintenant qu'il faut discuter et négocier. Autrement, la France ne repartira pas, entourée de voisins au Sud qui ont fait les ajustements (violents) nécessaires et qui se développeront à ses dépens. Le temps est donc compté. Mais comment faut-il le dire ?

Jean-Paul Betbèze



Jean-Paul Betbèze, membre du Cercle des économistes et créateur de Betbeze Conseil SAS, vous répondra lundi 4 novembre à 17h. A vos questions !

Créateur de Betbeze Conseil SAS, Jean-Paul Betbèze est membre de la Commission économique de la nation, du Cercle des économistes et du Comité scientifique de la Fondation Robert Schumann. Il a été auparavant chef économiste de banque (notamment Chef économiste & Directeur des Etudes Economiques, Membre du Comité Exécutif de Crédit Agricole SA) et Professeur d'Université (Agrégé des Facultés, Professeur à Paris Panthéon).

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd'hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l'initiative repose sur une conviction commune : l'importance d'un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. Retrouvez tous les rendez-vous du Cercle des économistes sur leur site.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • mletour2 le mardi 5 nov 2013 à 10:13

    pas un mot sur le niveau de l'euro...

  • abacchia le lundi 4 nov 2013 à 16:07

    Entre "contraintes" budgétaires, pour cause de non remise en question (idéologique ?) du coût des "services" de l’État, et clientélisme social obligé (électoralisme), j'aurais pour ma part tendance à penser qu'il est déjà trop tard...

  • T20 le lundi 4 nov 2013 à 11:29

    PME: NON MERCI, j'ai gouté à cà pendant 10 ans... Vous bossez, on vous mets des bâtons dans les roues à longueur d'année, et tout cà pour rien, presque rien ou même en être de votre poche... MIEUX VAUT "GAGNER DE L'ARGENT EN DORMANT" que de "claquer" votre capital dans une création d'entreprise !