Plusieurs pays de l'Otan hostiles à l'envoi d'armes à Kiev

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BRUXELLES, 5 février (Reuters) - Plusieurs ministres de la Défense de pays de l'Otan ont exprimé jeudi, lors d'une réunion à Bruxelles, leur hostilité à l'envoi d'armes à l'armée ukrainienne, une idée que Washington dit examiner. Le président ukrainien Petro Porochenko a demandé à l'Alliance atlantique de lui fournir des armes pour faire face à la rébellion séparatiste pro-russe dans l'est de son pays. ID:nL6N0VF01Z "S'il y a encore plus d'armes dans cette région, cela ne nous rapprochera nullement d'une solution et ne mettra pas fin aux souffrances de la population", a dit aux journalistes la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen. "Nous devons exercer de fortes pressions sur les séparatistes et sur la Russie, politiquement et économiquement, pour trouver une solution négociée autour d'une table et non sur le champ de bataille", a-t-elle ajouté. "Prendre le risque d'une escalade potentielle, ce n'est pas la solution. Il faut une solution politique durable." Pour son homologue néerlandaise, Jeanine Hennis-Plasschaert, également, "le dialogue politique est la seule voie pour sortir de cette crise". La plupart des pays de l'Otan, a-t-elle poursuivi, "et en particulier les Pays-Bas, insisteront pour que le soutien apporté à l'Ukraine ne prenne pas des formes létales". Le ministre danois, Nicolai Wammen, a souligné que son pays n'avait aucun projet de livrer des armes à Kiev. Le secrétaire britannique à la Défense, Michael Fallon, a évoqué une aide "non létale en matière de formation et d'équipement afin d'aider les Ukrainiens à mieux assurer leur protection". Pour sa part, le commandant suprême des forces de l'Otan en Europe, le général américain Philip Breedlove, s'est dit "fortement préoccupé" par la fourniture d'armes lourdes russes aux rebelles et a souligné que le peuple ukrainien avait le droit de se défendre. Il a cependant ajouté qu'il n'y avait pas de solution militaire à la crise et qu'il fallait créer "les conditions pour amener toutes les parties à la table des négociations". "Les armes ne changeront rien à cela", a-t-il insisté. Ashton Carter, que Barack Obama souhaite porter à la tête du ministère américain de la Défense, s'est dit favorable, lui, à l'envoi d'armes en Ukraine. "Nous devons aider les Ukrainiens à se défendre eux-mêmes. Je penche pour des livraisons d'armes en leur faveur, y compris des armes létales", a-t-il déclaré mercredi lors de son audition au Sénat, qui doit se prononcer sur sa nomination. A Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères a souligné que toute livraison d'armes létales aux forces de Kiev serait considérée comme une menace pour la sécurité de la Russie. "Etant donné les plans revanchards du 'parti de la guerre' à Kiev, cela ne conduirait qu'à une escalade et menacerait la sécurité de la Fédération de Russie", a dit Alexandre Loukachevitch, porte-parole du ministère. Il a par ailleurs accusé les forces gouvernementales ukrainiennes d'utiliser contre les rebelles un arsenal aux effets similaires à ceux d'armes de destruction massive. (Adrian Croft et David Alexander, avec Ole Mikkelsen à Copenhague et Gabriela Baczynska à Moscou; Guy Kerivel pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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  • charleco le jeudi 5 fév 2015 à 18:14

    L'Europe doit dire non à l'intrusion des USA et de l'Otan dans l'affaire ukrainienne. C'est une question européenne. Nous n'avons rien à attendre des USA et de l'OTAN sinon une aggravation du conflit dont l'Europe ferait les frais.