Plusieurs milliers de migrants bloqués dans les Balkans

le , mis à jour à 14:03
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* Nuit passée dans le froid à la frontière serbo-croate * Près de 1.800 personnes bloquées dans un train vers la Slovénie * La Hongrie a fermé sa frontière avec la Croatie * Coordination en panne entre la Slovénie et la Croatie * Plus de 10.000 réfugiés dans la seule Serbie (Titre répété) par Marja Novak et Aleksandar Vasovic BERKASOVO, Serbie/LJUBLJANA, 19 octobre (Reuters) - P lusieurs milliers de migrants étaient bloqués dans le froid et l'humidité lundi dans les Balkans aux frontières de l'Union européenne, conséquence de la fermeture par la Hongrie de sa frontière sud avec la Croatie. Environ 2.000 personnes sont bloquées à la frontière serbo-croate dans des conditions désespérées. Des groupes de migrants s'y sont battus lundi matin, ont rapporté des travailleurs humanitaires, après une nuit passée en plein air, sous le vent et la pluie. "Ouvrez la porte, ouvrez la porte!", criaient les migrants transis et fatigués. Les policiers croates, déployés sur plusieurs lignes, les empêchaient de passer. Ils ont érigé ce lundi une clôture improvisée pour contrôler l'accès de la frontière. Après la fermeture vendredi par la Hongrie de sa frontière avec la Croatie, le flot de migrants a été dévié vers la Slovénie. De là, les réfugiés souhaitent se rendre en Autriche, puis en Allemagne. Mais la Slovénie, pays de deux millions d'habitants, a imposé un quota maximum de 2.500 entrées par jour sur son territoire. Elle dit ne pas vouloir accueillir plus de migrants sur son territoire que le nombre de ceux qui peuvent en sortir pour entrer en Autriche. Vienne a démenti avoir réduit le nombre de réfugiés qu'elle accepte quotidiennement. La limitation de 2.500 personnes par jour imposée par la Slovénie a contraint la Croatie, elle aussi membre de l'Union européenne, à rationner les entrées en provenance de Serbie. Ce pays aux portes de l'UE qui accueille à lui seul plus de 10.000 migrants, selon les chiffres publiés lundi par le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR). Dans l'ouest de la Croatie, 1.800 migrants supplémentaires étaient bloqués dans un train à proximité de la frontière avec la Slovénie, la police slovène bloquant l'accès de la frontière avec une clôture improvisée. Les passagers ont alors débarqué et marché le long des voies, enveloppés d'imperméables ou de films en plastique contre la pluie. SANS PRÉVENIR Environ 150 d'entre eux, principalement des familles avec enfants, ont été autorisés à traverser la frontière. Le reste a passé la nuit en plein air, allumant des feux pour tenter de se réchauffer. La Slovénie a accusé la Croatie d'en avoir envoyé d'autres, sans prévenir, lundi matin. "Hier, la partie croate a cessé de répondre à nos appels téléphoniques, aussi ne savons-nous pas quel nombre de migrants nous devons attendre, ce qui rend notre travail très difficile", a déclaré lundi la ministre slovène de l'Intérieur, Vesna Gyorkos Znidar lors d'une conférence de presse. "La Slovénie a d'abord dit qu'elle pourrait recevoir 8.000 migrants (par jour), puis 5.000, ensuite 2.500 et maintenant cela a été réduit à zéro", a rétorqué son homologue croate Ranko Ostojic. "Cela veut dire que la totalité de la charge est laissée à la Croatie." Plus de 5.000 personnes par jour arrivent de Grèce pour atteindre les Balkans, en Macédoine et en Serbie. Ces deux anciennes républiques de l'ex-Yougoslavie n'ont pas les moyens matériels de traiter ces arrivées. Quelques 700.000 migrants devraient atteindre cette année les rivages de l'Europe, en provenance d'Afrique, du Proche-Orient ou d'autres pays d'Asie, selon le projections de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), ce qui crée des tensions au sein de l'Union européenne qui n'a réussi à se mettre d'accord pour l'instant sur la répartition entre ses membres que d'une petite partie de ces réfugiés. Le gouvernement hongrois de droite accuse les migrants, musulmans pour la plupart, de constituer une menace pour les "valeurs chrétiennes" de l'Europe. Il a matérialisé cette crainte en érigeant une clôture de barbelés à ses frontières avec la Serbie et la Croatie et fait voter une législation répressive qui, expliquent les organisation de défenses des droits de l'homme, ne permettent pas d'accorder aux réfugiés la protection à laquelle ils ont droit. (Avec Ivana Sekularac à Belgrade, Igor Ilic à Zagreb et François Murphy à Viene; Danielle Rouquié pour le service français)

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