Plus optimistes, les Français renouent avec le crédit

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Les Français ont souscrit davantage de crédits à la consommation en 2015, mais le nombre de détenteurs de crédits immobiliers a continué à s'effriter. 2016 devrait être l'année de la reprise du marché.

Depuis l'an dernier, les ménages retrouvent progressivement le moral et font davantage de projets pour l'avenir. Plus confiants, ils ont souscrit davantage de crédits à la consommation en 2015, selon une étude* de la Fédération bancaire Française (FBF). L'an dernier, 26% des ménages avaient un crédit conso (contre 25,6% en 2014). Un pourcentage «en augmentation pour la première fois depuis 2008», souligne l'étude, mais qui reste éloigné des niveaux constatés au cours de la première moitié des années 2000. «Les ménages ont retrouvé de l'appétence pour des projets de consommation durable», ajoute Michel Mouillart, professeur d'économie à Paris Ouest et auteur de l'étude.

Depuis 2009, les ménages ont essentiellement recours au crédit conso pour financer l'achat d'une voiture (14%) de biens d'équipement pour la maison (6%) ou des travaux d'amélioration de leur intérieur (3,8% en 2015 contre 3,5% en 2014). «Les ménages ont allégé certaines de leurs pratiques de financement antérieures: dépenses de loisirs, de consommation courante, de santé», précise l'étude.

Le nombre des ménages détenant un crédit immobilier a en revanche continué à diminuer. Ils n'étaient plus que 30,2% en 2015 (contre 30,6% en 2014). Malgré un redémarrage de la production de prêts immobiliers l'an dernier, le nombre de nouveaux emprunteurs n'est pas aussi important qu'avant la crise des subprimes en 2008. Par ailleurs, grâce à la chute des taux des crédits immobiliers, les rachats de crédits ont explosé ces trois dernières années, atteignant 130 milliards d'euros si l'on additionne 2013, 2014 et 2015. Ce qui représente environ une année de production de crédit immobilier! Les nouveaux prêts sont généralement plus courts. «Aujourd'hui, la durée théorique d'un crédit immobilier est de 8,5 ans en moyenne, contre 10 ans au milieu des années 2000», explique Michel Mouillart.

2015, année charnière

Au final, la proportion de ménages français détenant un crédit (à la consommation et immobilier) s'est stabilisée en 2015 à 46,5% pour la deuxième année consécutive, son plus bas niveau depuis 26 ans. Cependant, contrairement aux années passées, les ménages ont eu le sentiment que leur situation financière s'est stabilisée ou améliorée. «Dès lors les ménages estiment que le poids des charges de remboursement de leur crédit s'est allégé en 2015», note l'étude de la FBF.

«2015 aura été une année charnière, qui semble fermer la parenthèse qui s'était ouverte avec les deux crises économiques (NDLR: crise financières de 2008 et des dettes souveraines en 2011)», explique Michel Mouillart. L'année en cours, s'annonce sous de meilleurs auspices. «Les intentions de recourir au crédit dans les six mois qui viennent repartent à la hausse, sans atteindre les niveaux d'avant crise», conclut l'étude.

* Étude de l'institut TNS Sofres, menée par courrier en novembre auprès de 13.000 ménages et dont la création remonte à 1989.

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  • heimdal il y a 11 mois

    Ca c'est la vision du verre à moitié plein,on peut aussi dire que les ménages font plus de crédits pour pouvoir continuer à vivre ,tout simplement.