Plus forte baisse des prix à la consommation en 3 ans au Japon

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NOUVELLE BAISSE DES PRIX À LA CONSOMMATION AU JAPON
NOUVELLE BAISSE DES PRIX À LA CONSOMMATION AU JAPON

par Leika Kihara

TOKYO (Reuters) - Les prix à la consommation au Japon ont reculé en juillet pour le cinquième mois consécutif, accusant leur plus forte baisse en rythme annuel en plus de trois ans, un nombre croissant d'entreprises s'abstenant de relever leurs prix au vu de la faiblesse de la consommation, montrent des statistiques officielles publiées vendredi.

Cette menace déflationniste persistante accroît la pression sur la Banque du Japon (BoJ) pour qu'elle prenne de nouvelles mesures de soutien à l'activité, même si sa politique monétaire est déjà ultra-accommodante, avec notamment, depuis janvier, le basculement en territoire négatif de l'un de ses principaux taux d'intérêt.

La statistique devrait également renforcer les intervenants de marché dans leur opinion que les mesures prises par le Premier ministre Shinzo Abe pour redynamiser la troisième économie mondiale n'ont pas de prise sur l'état d'esprit des entreprises et des consommateurs.

L'indice de base des prix à la consommation, qui comprend les produits pétroliers mais exclut des facteurs saisonniers comme les produits alimentaires frais, a baissé de 0,5% en juillet en rythme annuel. Une baisse de 0,4% était attendue par les économistes.

En juin, cet indice avait baissé de 0,4%.

Même si ce recul est surtout imputable à la baisse des coûts de l'énergie, le détail des statistiques montre par exemple que la hausse des prix alimentaires importés et celle des tarifs hôteliers ont ralenti, ce qui suggère que l'atonie de la consommation dissuade les entreprises de répercuter dans leurs prix l'augmentation des coûts.

FAIBLESSE GÉNÉRALISÉE DES PRIX

"Les prix de l'énergie ne sont pas les seuls à peser sur l'inflation. La tendance des prix est faible", a noté Yoshiki Shinke, économiste en chef chez Dai-ichi Life Research.

La BoJ assouplira à nouveau sa politique monétaire en septembre, de l'avis d'économistes interrogés par Reuters avant la publication des chiffres de l'inflation.

Malgré un programme d'assouplissement quantitatif en place depuis déjà trois ans, la faiblesse de la consommation des ménages et la baisse du coût des produits importés du fait de la vigueur du yen rendent à se stade hors de portée l'objectif d'une hausse de 2% des prix à la consommation que s'est fixé l'institut d'émission.

Il pourrait donc être amené à reformuler ses objectifs en la matière lors de sa prochaine réunion de politique monétaire, les 20 et 21 septembre.

La politique de taux négatif semble par ailleurs avoir un effet positif sur le marché immobilier puisque, sur la période avril-juin, les investissements dans la pierre ont connu leur rythme de progression le plus élevé en cinq ans.

Une telle évolution peut à son tour favoriser la demande pour des biens durables tels que l'électroménager et les meubles, ce qui pourrait donner un coup de fouet à l'économie dans son ensemble.

Au deuxième trimestre, après un bon début d'année, la croissance japonaise a fortement ralenti, pénalisée par la faiblesse des exportations et de l'investissement.

Les prix à la consommation à Tokyo, publiés un mois avant les statistiques nationales, ont baissé de 0,4% en août en rythme annuel. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une baisse de 0,3%.

(Avec Stanley White, Julie Carriat et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand)

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