Plus faible croissance des investissements en Chine depuis 2000

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LA CROISSANCE DES INVESTISSEMENTS EN ACTIFS FIXES SOUS LES 10% EN CHINE
LA CROISSANCE DES INVESTISSEMENTS EN ACTIFS FIXES SOUS LES 10% EN CHINE

PEKIN (Reuters) - La croissance des investissements en actifs fixes au cours des cinq premiers mois de l'année en Chine est tombée sous la barre des 10% pour la première fois depuis 2000, ce qui ravive les anticipations de nouvelles mesures de soutien à l'économie.

Le gouvernement s'est montré plus prudent sur les moyens de relancer l'activité après des commentaires, publiés le mois dernier dans la presse officielle, pointant les risques d'une hausse de l'endettement du pays.

"Les chances d'une baisse du RRR (ratio de réserves obligatoires des banques), voire des taux d'intérêt d'ici la fin du deuxième trimestre, sont en hausse", a déclaré Zhou Hao, économiste chez Commerzbank.

Au vu de la persistance du ralentissement économique chinois, d'autres analystes sont également d'avis que des mesures de relance supplémentaires sont susceptibles d'être prises au cours des prochains mois.

"Le gouvernement pourrait mettre en place de nouveaux instruments de politique budgétaire, comme par exemple un processus accéléré de l'approbation de projets d'infrastructures au vu de la progression des risques baissiers pesant sur la croissance", a dit Raymond Yeung (ANZ).

Selon le Bureau national des statistiques, la croissance des investissements en actifs fixes a augmenté de 9,6% sur la période janvier-mai par rapport à la même période de 2015, alors que les économistes s'attendaient à ce qu'elle conserve son rythme de 10,5% observé de janvier à avril.

Le taux de croissance des investissements en actifs fixes du seul secteur privé est tombé à 3,9% sur la période, un plus bas depuis que la Chine a commencé à compiler cette statistique depuis 2012, contre 5,2% sur janvier-avril et des taux à deux chiffres l'an dernier.

Les autres données publiées ce lundi offrent un tableau un peu plus encourageant, semblant suggérer qu'une chute brutale de l'activité pourra être évitée.

Pour autant, ils ne laissent pas entrevoir d'accélération notable de la reprise. La croissance de la production industrielle est restée inchangée en mai, à 6% comme un an plus tôt et comme en avril. Les économistes interrogés par Reuters s'attendaient à un léger ralentissement à 5,9%.

Les ventes au détail ont pour leur part progressé de 10,0% sur un an en mai, alors que les économistes prédisaient un rythme de 10,1% identique à celui d'avril.

(Kevion Yao, Bertrand Boucey et Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison)

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