Plus de six milliards pour compenser les émissions des avions en 2025

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    MONTREAL, 11 mai (Reuters) - Le mécanisme en cours de 
négociation pour limiter les émissions de l'aviation civile 
pourrait coûter au secteur 6,2 milliards de dollars (5,4 
milliards d'euros) en 2025, un chiffre qui pourrait encore 
grossir si les gouvernements ne parviennent pas à trouver un 
accord d'ici octobre, estime l'Association internationale du 
transport aérien (IATA). 
    Les représentants des gouvernements se réunissent mercredi 
au siège de l'Organisation de l'aviation civile internationale 
(OACI), une organisation des Nations unies, pour négocier un 
accord pour une croissance neutre en carbone à partir de 2020. 
    Le projet doit ensuite être voté en assemblée à l'automne. 
    "C'est bien sûr le résultat que le secteur espère", a 
déclaré le directeur général de l'IATA, Tony Tyler, aux 
participants d'un forum qui s'est tenu mardi à Montréal, à 
propos d'une signature à l'automne. 
    "Un coût basé sur le marché sera bien plus efficace et plus 
équitable que l'alternative, qui se résume à un patchwork de 
charges et de taxes inefficaces préparées dans le seul but de 
lever des fonds plutôt que pour endiguer le changement 
climatique", a dit Tony Tyler.  
    "Nous nous attendons à un coût qui ne sera pas négligeable, 
mais qui sera gérable", a-t-il ajouté. 
    En 2035, un tel accord coûterait aux compagnies 24 milliards 
de dollars (21 milliards d'euros), chiffre qui tient compte de 
la croissance du transport aérien, selon l'OACI. 
    L'accord pourrait entrer en vigueur en 2021. 
    Les compagnies aériennes poussent les 191 pays membres de 
l'OACI à parvenir à un accord global à l'automne, car le prix 
induit par une multitude d'accords nationaux et régionaux 
pourrait être encore plus lourd. 
    Selon des données de l'OACI, citées dans un rapport de 
l'IATA, le prix nécessaire pour compenser les émissions d'un vol 
transportant 267 passagers de Moscou à New York sur un avion de 
type Boeing 777 serait de 804 dollars. 
    L'accord sur le changement climatique conclu à la conférence 
de Paris en décembre dernier ne tient pas compte de l'aviation. 
    L'OACI est donc priée de présenter ses propositions pour 
limiter les émissions du secteur après six années de 
négociation. 
    Le plan autoriserait les compagnies aériennes à compenser 
leurs émissions en achetant des crédits carbone, mais les Etats 
sont divisés sur le partage de ces obligations de compenser 
entre pays développés et en développement. 
    Dans un document récent, la Chine a mis en garde contre un 
accord qui imposerait "une charge économique inadaptée aux pays 
en développement, où le marché de l'aviation internationale 
n'est pas encore arrivé à maturité". 
 
 (Allison Lampert; Julie Carriat pour le service français, édité 
par Danielle Rouquié) 
 
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