Plus de 90 morts dans deux attentats en plein ramadan à Bagdad

le , mis à jour à 15:11
0
 (Bilan actualisé, détails, réactions) 
    BAGDAD, 3 juillet (Reuters) - Quatre-vingt treize personnes 
ont été tuées et quelque 200 autres blessées dans deux attentats 
qui ont visé des quartiers populaires de Bagdad dans la nuit de 
samedi à dimanche, alors que les habitants étaient rassemblés 
pour célébrer le ramadan, selon un bilan fourni par la police et 
les services médicaux. 
    L'attentat le plus meurtrier, revendiqué par le groupe 
extrémiste sunnite Etat islamique dans un communiqué diffusé par 
ses partisans sur les réseaux sociaux, a eu lieu vers minuit 
dans le secteur commerçant de Karrada. Un camion réfrigéré 
chargé d'explosifs a été actionné. L'EI a dit qu'il s'agissait 
d'un attentat suicide.  
    Beaucoup d'Irakiens dînent tard en ville durant le mois de 
jeûne du ramadan, qui se termine la semaine prochaine.  
    Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un 
incendie important dans la rue principale de Karrada après 
l'explosion.  
    Des images tournées par Reuters TV dimanche matin montrent 
quatre bâtiments sévèrement touchés ou en partie détruits. 
    Le Premier ministre Haïdar al Abadi s'est rendu en convoi 
sur le site de l'attentat, où il a été accueilli par des jets de 
pierres et de bouteilles de la part d'habitants furieux contre 
l'incapacité des forces de sécurité à empêcher de tels carnages. 
    Karrada est un quartier à majorité chiite où vit également 
une petite communauté chrétienne et qui abrite aussi plusieurs 
mosquées sunnites.  
    Le second attentat, qui a également eu lieu vers minuit, 
s'est produit sur un marché dans le quartier chiite d'Al Chaab, 
dans le nord de la capitale irakienne. Une mine a explosé, 
faisant deux morts. 
    Les forces gouvernementales irakiennes ont chassé la semaine 
dernière les derniers combattants de l'EI de Falloudja, une 
ville située à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad 
que les djihadistes utilisaient comme base arrière pour mener de 
telles attaques dans la capitale. 
    Les activistes "cherchent à effacer leur humiliante défaite 
de Falloudja", a déclaré Djassim al Bahadli, ancien officier de 
l'armée reconverti en expert des questions de sécurité à Bagdad. 
    "C'était une erreur pour le gouvernement de penser que la 
source des attentats était confinée à une seule région", a-t-il 
ajouté. "Il y a des cellules dormantes qui opèrent 
indépendamment les unes des autres." 
    Ces attentats ont été condamnés par plusieurs pays dont la 
France, le président François Hollande dénonçant "l'oeuvre de 
criminels abjects".  
 
 (Maher Chmaytelli, Karim Rahim et Ahmed Rachid; Tangi Salaün, 
Danielle Rouquié et Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant