Plus de 80 civils tués dans des violences en Centrafrique-Onu

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    ABIDJAN, 25 novembre (Reuters) - Le conseiller spécial des 
Nations unies pour la prévention du génocide a annoncé vendredi 
être en possession d'éléments indiquant que des milices en 
Centrafrique ont pourchassé et massacré des membres de la 
communauté peule, tuant 85 civils cette semaine. 
    Des heurts ont éclaté lundi à Bria, une ville à 600 km au 
nord-est de la capitale, Bangui, entre deux groupes rebelles 
rivaux ex-Séléka musulmans, le Front populaire pour la 
renaissance de la Centrafrique (FRPC) et l'Union pour la Paix en 
Centrafrique (UPC). 
    L'UPC compte une majorité de Peuls, communauté musulmane 
issue de bergers nomades de la région sahélo-saharienne, 
répartis désormais dans une quinzaine de pays en Afrique de 
l'Ouest et du centre. 
    Dans un communiqué, le conseiller spécial des Nations unies 
pour la prévention du génocide, Adama Dieng, a annoncé que le 
FRPC avait ciblé des Peuls à Bria, fouillant chaque maison avant 
de tuer, de piller ou de voler les habitants. 
    Les combattants des FPRC sont également entrés dans un 
hôpital où ils ont empêché des personnes peules blessées de 
recevoir des soins. 
    Outre les 85 civils tués, environ 76 personnes ont été 
blessées et près de 11.000 déplacées par les violences, a 
précisé Adama Dieng. 
    La ville de Bambari, à 200 km au sud-ouest de Bria, a aussi 
été le théâtre de heurts entre les deux groupes. 
    "S'ils sont menés de manière étendue ou systématique, de 
tels actes pourraient constituer des crimes au regard du droit 
international qui peuvent être jugés par les tribunaux nationaux 
ou internationaux", a-t-il déclaré, ajoutant avoir demandé 
l'ouverture d'une enquête pour identifier les responsables. 
    "Etant donné l'histoire récente du pays, ce genre de 
violence ciblée est extrêmement dangereuse et doit être 
stoppée", a-t-il déclaré. 
    Les violences de cette semaine représentent les plus 
importantes commises à l'égard de minorités depuis la fin de 
l'opération française Sangaris le 31 octobre.   
    Il revient désormais principalement aux 12.500 casques bleus 
de la Minusca, appuyés par l'Union européenne, d'assurer la 
sécurité. La mission de l'Onu a renforcé sa présence à Bria afin 
d'éviter de nouvelles violences.  
    En 2013, le renversement par la Séléka du gouvernement du 
pays à majorité chrétienne a déclenché un violent conflit inter 
communautaire, marqué par les affrontements entre milices 
chrétiennes "anti-Balaka" et Séléka et des exactions sur les 
civils.  
     
 
 (Joe Bavier; Julie Carriat pour le service français) 
 
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