Plus de 780.000 visiteurs à la rétrospective Hopper après 62 heures non stop

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(AFP) - La grande rétrospective consacrée au peintre américain Edward Hopper fermait ses portes dimanche soir après trois jours et deux nuits d'ouverture non stop au Grand Palais à Paris qui aura accueilli au total 782.000 visiteurs depuis le 10 octobre, selon une évaluation de la Réunion des musées nationaux (RMN).

A quelques heures de la fermeture définitive prévue à 23H00, ce chiffre place cette exposition exceptionnelle quasiment au niveau de fréquentation de celle consacrée à "Picasso et les maîtres" qui s'était également terminée par une ouverture sans interruption et avait séduit 783.350 visiteurs entre le 8 octobre 2008 et le 2 février 2009.

Malgré l'attente dans le froid, le "marathon" final de 62 heures a attiré "plus de 14.200 visiteurs de nuit", ont souligné les organisateurs.

Pour la seconde nuit blanche, un concert de jazz était proposé dans l'auditorium du Grand Palais avec le quartet Marc Thomas, non sans évoquer Frank Sinatra ou Nat King Cole, parfaite illustration musicale des ambiances de l'oeuvre de Hopper.

A 12H00 dimanche, les visiteurs qui avaient réservé en ligne avaient la possibilité d'assister à la projection du long métrage du réalisateur, romancier et acteur néerlandais Alex van Warmerdam "Les Habitants" (1992), qui transpose au cinéma décors et atmosphères des toiles de l'artiste américain.

Avec l'organisation de ces nocturnes, il s'agit "de favoriser l'accès à la culture. Ça marche pour le cinéma, le spectacle vivant mais pour les beaux-arts, c'est plus compliqué", avait expliqué le président de la RMN-Grand Palais, Jean-Paul Cluzel. Selon lui, "une grande exposition comme Hopper et des opérations spectaculaires comme ce marathon permettent d'attirer des gens qui n'ont pas l'habitude de franchir la porte des musées".

164 oeuvres

La première "Nuit Hopper" avait été le théâtre d'un procès parodique du peintre organisé par la Société des culturistes, spécialiste des simulacres judiciaires dans un esprit dadaïste.

Edward Hopper y était notamment poursuivi pour "atteinte à la sûreté de la modernité, espionnage de la culture française et collaboration soumise à sa femme", avec comme témoin pour la défense l'écrivain et journaliste Philippe Labro et Didier Ottinger, commissaire de la rétrospective.

L'exposition, une des plus importantes jamais consacrées au peintre, réunissait 164 oeuvres dont 128 peintures, aquarelles, gravures et illustrations d'Edward Hopper (1882-1967).

"Jamais il n'y a eu d'exposition dans le monde présentant un aussi grand nombre d'oeuvres d'Edward Hopper datant de sa période +canonique+, entre 1924 et 1966", selon Didier Ottinger, directeur adjoint du Musée national d'Art moderne et commissaire de l'exposition. "Pendant les quarante dernières années de sa vie, Hopper a peint cent tableaux. Nous en montrons 55", a-t-il souligné.

Si l'exposition "Hopper" a presque atteint le succès de "Picasso", elle est encore loin de celle consacrée à l'impressionniste Claude Monet (22 septembre 2010 au 24 janvier 2011), qui avait accueilli 913.000 visiteurs, la plus forte fréquentation pour une exposition en France depuis plus de quarante ans. L'ouverture non stop avait duré quatre jours et trois nuits.

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