Plus de 65 millions de déracinés dans le monde en 2015

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    par Stephanie Nebehay 
    GENEVE, 20 juin (Reuters) - Les guerres et la persécution 
ont fait l'an dernier 65,3 millions de déracinés qui se sont 
souvent heurtés à des frontières infranchissables, à la 
xénophobie ou à des législations de plus en plus dures, annonce 
lundi le Haut Commissariat de l'Onu aux réfugiés (HCR). 
    Ce total sans précédent, qui représente une augmentation de 
50% en cinq ans et de près de six millions par rapport à 2014, 
signifie qu'une personne sur 113 a aujourd'hui le statut de 
demandeur d'asile, de déplacé ou de réfugié.  
    Ces derniers ont été 21,3 millions en 2015 et 51% étaient 
des enfants, poursuit le HCR dans un rapport intitulé "Tendances 
mondiales", publié à l'occasion de la Journée mondiale des 
réfugiés. 
    La Syrie avec 4,9 millions, l'Afghanistan avec 2,7 millions 
et la Somalie avec 1,1 million représentent à eux trois plus de 
la moitié du total.  
    "Le message adressé par les réfugiés et les migrants qui 
traversent la Méditerranée et arrivent sur les rivages de 
l'Europe est que, si on ne résout pas les problèmes, les 
problèmes nous rattrapent", a souligné Filippo Grandi, haut 
commissaire de l'Onu aux réfugiés, lors d'une conférence de 
presse à Genève.  
    "C'est regrettable qu'il ai fallu si longtemps aux 
populations des pays riches pour le comprendre. Il faut une 
action, une action politique, pour mettre fin aux conflits. 
C'est la meilleure façon d'éviter l'afflux de réfugiés", a-t-il 
poursuivi.  
    Deux millions de demandes d'asile - un record - ont été 
enregistrées en 2015 dans les pays industrialisés et près de 
100.000 concernent des enfants non accompagnés ou séparés de 
leur famille, un chiffre également sans précédent qui est trois 
fois supérieur à celui de 2014.  
     
    "PRENDRE SES RESPONSABILITÉS" 
    L'Allemagne arrive en tête du classement avec 441.900 
demandes, dont un tiers émane de Syriens. Elle est suivie des 
Etats-Unis, avec 172.700 demandeurs, dont beaucoup fuient les 
violences liées au trafic de drogue au Mexique et en Amérique 
centrale, mais 86% des réfugiés se trouvent dans des pays en 
développement. La Turquie, premier pays d'accueil avec deux 
millions et demi de Syriens, est suivie du Pakistan et du Liban. 
    "La montée de la xénophobie devient malheureusement l'une 
des principales caractéristiques de l'environnement dans lequel 
nous travaillons", a poursuivi Filippo Grandi.  
    "Des obstacles se dressent partout et je ne parle pas 
seulement de murs, mais d'obstacles législatifs de plus en plus 
nombreux, y compris dans les pays industrialisés qui ont 
longtemps été à la pointe de la défense des droits fondamentaux 
liés à celui de l'asile.  
    "L'arrêt de cet afflux ne signifie pas que le problème des 
déplacés est réglé", a-t-il souligné, évoquant la fermeture de 
la "route des Balkans" et l'accord que Bruxelles et Ankara ont 
conclu en mars pour renvoyer les réfugiés arrivés en Europe via 
la Turquie, Syriens y compris. 
    Un accord européen prévoit en outre la relocalisation dans 
d'autres Etats membres de 160.000 réfugiés arrivés en Grèce et 
en Italie, mais seulement 2.406 500 y ont effectivement été 
accueillis.  
    "Il n'y a pas d'alternative pour l'Europe. L'Europe 
continuera à recevoir des demandeurs d'asile. Tout le monde doit 
maintenant prendre ses responsabilités", a ajouté le haut 
commissaire.    
 
 (Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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