Plus de 600 civils évacués de Homs, nouveaux raids à Alep

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L'OPÉRATION HUMANITAIRE SE POURSUIT À HOMS
L'OPÉRATION HUMANITAIRE SE POURSUIT À HOMS

par Dominic Evans

BEYROUTH (Reuters) - Plus de 600 civils, pour la plupart des femmes, des enfants et des vieillards, ont été évacués dimanche de la Vieille Ville de Homs, dans le centre-ouest de la Syrie, tenue par les rebelles et assiégée depuis plus d'un an par les forces gouvernementales.

Une équipe de l'Onu et du Croissant-Rouge arabe syrien a mené cette opération grâce à un cessez-le-feu de trois jours décrété vendredi dernier mais qui avait été violé samedi.

"Le dernier véhicule est arrivé et au total 611 personnes ont été évacuées", a déclaré le gouverneur de Homs, Talal al Barazi, interrogé par la chaîne de télévision arabe Al Mayadine à un point de rassemblement en dehors de la ville.

Il a ajouté que de l'aide humanitaire avait également pu être livrée à la population civile bloquée dans la zone rebelle.

Des discussions sont en cours pour que ces opérations se poursuivent lundi, bien que la trêve aura expiré, ont précisé le gouverneur et le Croissant-Rouge.

Certaines des personnes évacuées sont des hommes jeunes en âge de combattre, qui n'auraient pas dû normalement être concernés par l'accord d'évacuation, a dit Talal al Barazi, mais ils ont accepté de se rendre aux autorités et pourraient bénéficier d'une amnistie.

L'Onu et le Croissant-Rouge arabe syrien ont reçu pour mission de porter secours à 2.500 civils pris au piège et confrontés depuis des mois à la faim dans la Vieille Ville assiégée et dévastée par les combats.

Samedi, dans la matinée puis en fin de journée, l'équipe humanitaire a été prise sous le feu de mortiers et d'armes automatiques.

Un chauffeur de camion du Croissant-Rouge a été légèrement blessé. Après plusieurs heures d'incertitude, les employés de l'Onu et du Croissant-Rouge ont pu sortir de la zone dangereuse dans la soirée en abandonnant deux de leurs véhicules endommagés.

Le gouvernement de Damas a accusé les insurgés d'être responsables de cette violation de la trêve mais ceux-ci ont mis en cause les forces fidèles au président Bachar al Assad.

BARILS D'EXPLOSIFS SUR ALEP

Une vidéo enregistrée samedi par des rebelles montre les employés humanitaires, conduits par le coordinateur de l'Onu en Syrie, Yacoub el Hillo, se réfugier dans une cave alors que des explosions retentissent au-dessus d'eux.

Dans une autre vidéo, également filmée samedi, Hillo regrette de ne pouvoir fournir qu'une "goutte d'eau" aux habitants de Homs dans le besoin.

"Quand je regarde autour de moi et que je vois tout ce qui est nécessaire, les souffrances de la population, en particulier des enfants, des femmes et des vieillards, je sais bien que notre aide en vivres et en médicaments ne représente vraiment qu'une goutte d'eau", dit-il, "mais c'est un début".

La décision de venir en aide à la population de Homs a été le seul résultat concret des discussions le mois dernier à Genève entre le gouvernement syrien et l'opposition, qui visent à mettre fin à un conflit qui a fait 130.000 morts en près de trois ans. Les négociations doivent reprendre lundi sur les bords du lac Léman.

Dans le nord du pays, à Alep, les hélicoptères gouvernementaux ont poursuivi leurs bombardements de zones rebelles avec des barils d'explosifs, une pratique dénoncée par la communauté internationale.

Ces raids ont fait au moins onze morts, notamment dans le quartier de Haidariya, a déclaré dimanche l'opposition.

Des centaines de personnes ont été tuées par ces barils d'explosifs depuis le début de l'année dans la grande ville du Nord. Ces attaques ont également fait fuir des milliers de civils.

Samedi, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) ONG proche de l'opposition, a également fait état de violents combats entre groupes islamistes rivaux dans la province de Daïr az Zour, dans l'est du pays.

Le Front al Nosra, lié à Al Qaïda, et le groupe Ahrar al Cham affrontent dans cette région les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), notamment pour le contrôle des installations pétrolières. Ces affrontements ont fait au moins vingt morts, dit l'OSDH.

L'ONG, basée en Grande-Bretagne mais qui dispose d'un vaste réseau d'informateurs sur le terrain, fait état de 304 morts à travers la Syrie dans les combats de samedi, dont une centaine de civils.

Guy Kerivel pour le service français

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