Plus de 26.000 interpellations depuis le 15/07 en Turquie

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    ISTANBUL, 9 août (Reuters) - Plus de 26.000 personnes ont 
été interpellées en Turquie à la suite du coup d'Etat manqué du 
15 juillet, dont 16.000 ont été officiellement arrêtées et 
placées en détention provisoire, a annoncé mardi le ministre de 
la Justice, Bekir Bozdag. 
    Dans une interview diffusée en direct à la télévision, le 
ministre a ajouté que 6.000 autres suspects étaient toujours en 
prison mais qu'aucune charge n'avait encore été officiellement 
retenue contre eux. 
    Quelque 7.700 autres sont en liberté mais font l'objet d'une 
enquête pour leur implication présumée dans la tentative de 
putsch. 
    Depuis l'échec du coup d'Etat, qui a fait plus de 240 morts 
et près de 2.200 blessés le 15 juillet au soir et dans la nuit 
qui a suivi, les autorités turques se sont lancées dans une 
purge des services de l'Etat. 
    Des dizaines de milliers de membres de la justice, de 
l'armée, de la police, des services publics et des médias, 
soupçonnés de lien avec le réseau de Fethullah Gülen, 
prédicateur exilé aux Etats-Unis accusé d'être à l'origine du 
coup de force, ont été arrêtés, limogés ou suspendus. 
    Le renseignement turc, qui a réussi à s'introduire dans des 
applications de messagerie sur smartphone utilisées par les 
putschistes, dit avoir identifié au moins 56.000 personnes en 
lien avec le réseau "güleniste". 
    Ces purges ont été critiquées par les partenaires 
occidentaux d'Ankara. Dans un entretien accordé au Monde et 
publié lundi, le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui 
rencontre ce mardi Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg, leur 
reproche cette attitude.  
    "Quand M. Poutine m'a appelé pour me présenter ses 
condoléances, il ne m'a pas critiqué sur le nombre de militaires 
ou de fonctionnaires limogés. Alors que tous les Européens m'ont 
demandé: pourquoi tant de militaires sont en détention, pourquoi 
tant de fonctionnaires ont été démis ?", déclare-t-il. 
    "Au lieu de faire preuve d'empathie, les dirigeants 
occidentaux ont eu la réaction opposée. Cela nous attriste, 
c'est inacceptable", poursuit-il.   
     
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Russie   
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 (Seda Sezer et Tuvan Gumrukcu; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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