Plus de 15.000 interpellations en Turquie depuis le putsch avorté

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    ISTANBUL, 27 juillet (Reuters) - Les autorités turques ont 
interpellé plus de 15.000 personnes, dont plus de 10.000 
militaires, depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet, a 
rapporté mercredi le ministre de l'Intérieur Efkan Ala, selon la 
chaîne CNN Turk. 
    Le ministre a précisé que 8.113 d'entre elles avaient été 
placées en détention dans l'attente d'un procès. 
    L'état-major des forces armées a annoncé de son côté que 
8.651 soldats turcs, soit 1,5% environ des effectifs de l'armée, 
avaient été impliqués dans la tentative de coup d'Etat contre le 
président Recep Tayyip Erdogan. 
    Dans un communiqué diffusé par la chaîne de télévision 
turque NTV, l'armée a ajouté que ces soldats appartenaient au 
réseau dirigé par le prédicateur en exil Fethullah Gülen, que le 
pouvoir turc présente comme l'instigateur du putsch avorté. 
    Les putschistes disposaient pour leur entreprise de 35 
avions, dont 24 avions de combat, de 37 hélicoptères, de 37 
chars, de 246 véhicules blindés et de trois bâtiments de la 
marine, a précisé l'armée. 
    Les autorités turques ont parallèlement poursuivi mercredi 
leur traque des "gülenistes" en lançant des mandats d'arrêt à 
l'encontre de 47 journalistes. 
    "Les interpellations concernent des cadres et certains 
employés, notamment des chroniqueurs du (défunt) journal Zaman, 
l'organe de presse vedette du mouvement de Gülen", a déclaré un 
responsable turc. 
    "Les procureurs ne s'intéressent pas à ce que ces 
chroniqueurs ont dit ou écrit. Mais (...) les employés les plus 
importants de Zaman ont probablement une connaissance intime du 
réseau de Gülen, ce qui pourrait profiter à l'enquête", a-t-il 
expliqué. 
    Sur la liste figurent néanmoins aussi des journalistes 
connus pour leur militantisme de gauche mais qui ne partagent 
pas la vision religieuse du mouvement güleniste. 
    La tentative de coup d'Etat par une faction de l'armée, dans 
la soirée du 15 juillet et la nuit qui a suivi, a fait au moins 
246 morts et plus de 2.000 blessés.  
    Dans la reprise en main qui a suivi, les autorités turques 
ont suspendu, interpellé ou placé en détention des milliers de 
militaires, policiers, magistrats, enseignants, fonctionnaires 
et autres. 
    Le parlement turc a mis sur pied mardi une commission, 
soutenue par l'ensemble des partis politiques, chargée 
d'enquêter sur le putsch manqué et de démêler comment, d'après 
les autorités, le mouvement de Gülen, qui vit exilé aux 
Etats-Unis, a infiltré les institutions et tenté ce coup de 
force. 
 
 (Humeyra Pamuk; Jean-Stéphane Brosse et Laura Martin pour le 
service français) 
 
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