Plus de 1.000 morts dans l'immeuble effondré au Bangladesh

le
0

par Ruma Paul et Valentin Stamov

DACCA (Reuters) - Le bilan de l'effondrement d'un immeuble d'ateliers textiles le 24 avril au Bangladesh dépasse le millier de morts et des cadavres sont probablement encore enfouis sous les décombres, a annoncé vendredi l'armée, qui coordonne les secours.

Il s'agit de l'accident industriel le plus meurtrier dans le monde depuis la catastrophe de Bhopal en Inde en 1984.

Vendredi, un petit miracle s'est produit lorsque les sauveteurs ont, en direct à la télévision et sous les applaudissements des badauds, extrait des décombres une femme prise au piège depuis 17 jours. Cette femme identifiée par les médias sous le seul nom de Reshma a été évacuée sur une civière et emmenée en ambulance vers un hôpital militaire.

Plus de deux semaines après l'effondrement de l'immeuble Rana Plaza, situé dans la zone industrielle de Savar à une trentaine de kilomètres de Dacca, des cadavres continuent d'être extraits des ruines du bâtiment et un porte-parole militaire a annoncé vendredi que le nombre de morts confirmé atteignait désormais 1.038.

Environ 2.500 personnes ont pu être secourues mais il n'existe aucune estimation officielle du nombre de disparus.

Des centaines de proches de ces disparus continuent de veiller sur place. Les secouristes éprouvent de plus en plus de difficultés à identifier les corps en décomposition extraits des décombres. Ils s'appuient pour cela sur les papiers d'identité ou les téléphones portables retrouvés sur les cadavres.

"Un total de 156 victimes non identifiées ont été enterrées", a déclaré Mohammad Yousuf Harun, préfet du district de Dacca. Il a ajouté que des prélèvements d'ADN avaient été effectués et conservés pour des tests ultérieurs si des familles le réclamaient.

Neuf personnes ont été arrêtées à la suite de cette catastrophe, dont le propriétaire de l'immeuble et les patrons des ateliers qu'il abritait. L'effondrement semble avoir été provoqué par la mise en marche de générateurs durant une panne de courant.

Le gouvernement accuse en outre le propriétaire et les constructeurs d'avoir utilisé des matériaux de mauvaise qualité et de s'être passés des permis nécessaires à l'édification du bâtiment.

Ruma Paul; Bertrand Boucey et Jean-Loup Fiévet pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant