Plumes et strass pour l'ouverture exceptionnelle du Musée des Arts forains

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Vue partielle de la salle "Le Théâtre du Merveilleux", prise le 23 décembre 2010 au Musée des Arts Forains dans Les Pavillons de Bercy à Paris. AFP PHOTO / PIERRE VERDY
Vue partielle de la salle "Le Théâtre du Merveilleux", prise le 23 décembre 2010 au Musée des Arts Forains dans Les Pavillons de Bercy à Paris. AFP PHOTO / PIERRE VERDY

(AFP) - Le Musée des Arts forains, un lieu secret implanté dans l'ancienne Halle aux vins des Pavillons de Bercy à Paris, ouvre exceptionnellement dix jours au grand public du 26 décembre au 6 janvier, sur le thème du music-hall.

Son patron, l'ancien comédien et antiquaire Jean-Paul Favand, fait vivre sa collection unique d'art forain grâce à des soirées privées de grandes entreprises et autres événements (défilés de mode, tournages...), mais n'ouvre au public que deux fois par an: lors des Journées du patrimoine et des fêtes de Noël.

C'est l'occasion d'un voyage dans le temps, dans un monde où l'illusion règne en maître, où les décors somptueux s'animent sous l'effet de savants jeux de lumières et de spectacles de magie ou d'acrobates toutes les demi-heures.

Cette année, Jean-Paul Favand a saisi l'occasion de plusieurs ventes aux enchères, dont celle des magnifiques costumes de scène des Folies Bergère en juin, pour "habiller" son musée aux couleurs du music-hall, avec froufrous, paillettes et boas.

Rêveur, le maître des lieux tourne entre ses doigts une culotte à volants: "vous ne trouvez pas qu'elle est vraiment grande ? Peut-être appartenait-elle à un homme: voyez, là, on a brodé ++Philippe++ à l'intérieur..."

La culotte à froufrou gardera tout son mystère, tout comme ce string à bananes tout en strass qui pourrait avoir appartenu à Joséphine Baker. Son "pagne à bananes" avait fait scandale lors de la première "Revue nègre" au Théâtre des Champs-Elysées en 1925.

Si aujourd'hui music-hall rime avec danseuses en petite tenue, la nudité n'est venue que progressivement: les premiers cancans dévoilaient des jupons volantés et culottes bouffantes bien en dessous du genou. C'est peu à peu que les culottes raccourcissent jusqu'à dévoiler la cuisse, et en 1912 paraît la première femme nue aux Folies Bergère.

Le music-hall, comme l'art forain, connaît son apogée au tournant du XXe siècle à Paris, Berlin et Londres, où est né le mot. Les Folies Bergère naissent en 1869, le Chat Noir en 1881, l'Olympia en 1893, l'Alhambra en 1904, Bobino et le Casino de Paris en 1917 ...

Manèges pour adultes

A l'époque, pas de télévision ni même de cinéma. "D'ailleurs, au début, le cinéma a été porté par la fête foraine", rappelle Jean-Paul Favand. Le vrai divertissement, c'était l'art forain. "Les spectacles étaient la télévision de l'époque, et la grande parade, c'était la publicité !", s'exclame--il.

Le public est surtout un public d'adultes, comme on le voit sur le fameux boulevard du Crime des Enfants du Paradis de Marcel Carné, qui vient d'être restauré. "A peine 10% des manèges étaient faits pour les enfants", rappelle le collectionneur.

Les attractions de la fête foraine s'installent au théâtre et au music-hall: mimes, animaux savants, prestidigitateurs, pantomimes et ballets.

Au Moulin Rouge, l'attraction la plus populaire, outre le french cancan, était le pétomane Joseph Pujol, "le seul qui ne paie pas de droits d'auteur "!

En 30 ans de passion, Jean-Paul Favand a acquis des "semi-remorques de décors et de manèges", et récemment des malles et des malles de costumes et de plumes, qu'il restaure soigneusement dans ses ateliers. "Les plumes requièrent un savoir-faire particulier", souligne-t-il. En 1919, il y avait 425 plumassiers à Paris, il n'en reste que trois.

Le musée a aussi déniché des figures de cire de l'époque en provenance du Musée Grévin : Toulouse-Lautrec et ses modèles, "La Goulue", "Valentin de Désossé".

Le musée, qui accueille chaque année 200.000 personnes lors des soirées privées et visites sur rendez-vous, reçoit près de 50.000 visiteurs à l'occasion de l'ouverture des fêtes de Noël (10H00 à 18H00, tarifs 5 à 12 euros).

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