Platini se dit condamné par avance par la commission de la Fifa

le
0
    PARIS, 19 décembre (Reuters) - Michel Platini a accusé la 
commission d'éthique de la Fifa de bafouer ses droits dans 
l'enquête dont il fait l'objet pour des accusations de 
corruption, et de l'avoir condamné par avance. 
    Le président suspendu de l'Union européenne de football 
(UEFA) a refusé de venir se défendre vendredi devant la 
commission, chargeant ses avocats de lire une lettre dont le 
contenu a été rendu public samedi. 
    "J'ai décidé de ne pas venir devant vous présenter moi-même 
mes explications. Pour une raison et une seule : je suis déjà 
jugé, je suis déjà condamné", déclare l'ancien international 
français. 
    Il avait déjà reproché à la commission d'éthique de la Fifa 
de se livrer à un "simulacre de procédure" depuis la suspension 
de 90 jours prononcée à son encontre début octobre à la suite de 
révélations sur une rémunération dont il a bénéficié de la part 
de la fédération internationale. 
    Le président de la Fifa Sepp Blatter est également suspendu 
pour la même durée dans le cadre de cette affaire sur laquelle 
l'instance mondiale du football enquête pour déterminer la 
régularité du versement en 2011 à Michel Platini de deux 
millions de francs suisses (environ 1,8 million d'euros) pour 
une mission effectuée entre 1998 et 2002. 
    Dans la lettre, Michel Platini s'en prend à des déclarations 
publiques de responsables de la Fifa, y compris une "source 
anonyme" de l'instance s'exprimant dans un journal, prouvant à 
ses yeux que son "procès est joué". 
    "Je n'ai plus confiance dans les instances disciplinaires de 
la Fifa. Elles ont montré leur partialité, leurs préjugés, leur 
incapacité à respecter la confidentialité, la présomption 
d'innocence et les droits de la défense", dit-il. 
    Sepp Blatter a lui-même été entendu jeudi par la commission 
d'éthique, qui doit se prononcer prochainement sur des sanctions 
éventuelles contre les deux hommes. 
    L'ancien président de la Fifa a dénoncé lui aussi l'attitude 
selon lui "tendancieuse et dangereuse" des enquêteurs de la 
commission d'éthique. "Ce procès me rappelle ceux de 
l'Inquisition", a-t-il dit.   
     
     
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Eric Faye) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant