Plan de relance de l'immobilier : « Enfin un coup de pouce bienvenu »

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ENTRETIEN - Jacques Chanut, nouveau président de la Fédération française du bâtiment, estime queles mesures annoncées en faveur de la construction sont susceptibles d'avoir un impact positif. Il regrette cependant que l'encadrement des loyers ne soit pas annulé.

LE FIGARO. - Les mesures du gouvernement pour relancer la construction vont-elles dans le bon sens?

Jacques CHANUT.- À force de tirer la sonnette d'alarme, nous avons été entendus. Si la construction de logements neufs est en panne, c'est parce que deux types de clients (les primo-accédants et les particuliers investisseurs) sont aux abonnés absents. Or ce plan va donner un coup de pouce à ces deux catégories: l'élargissement du PTZ + permettra de re-solvabiliser les primo-accédants. Le reprofilage du dispositif Duflot, un peu plus généreux pour les investisseurs, devrait permettre d'en attirer plus.

Les autres mesures (simplification des normes de construction, mobilisation des terrains publics constructibles...) sont-elles moins significatives à vos yeux?

Pas forcément. Simplement, le toilettage du PTZ + et l'amélioration du dispositif Duflot peuvent avoir un effet très rapide sur les ventes de logements neufs. Les autres mesures qui permettront d'abaisser le coût des logements porteront aussi leurs fruits mais à moyen terme.

Ce plan suffira-t-il à relancer la construction?

Des gestes clairs sont faits en faveur des primo-accédants et des investisseurs. Nous espérons que cela va décider les ménages à acheter plus de logements neufs. Mais combien d'unités précisément seront vendues en plus? Personne ne le sait. Cela dépendra aussi du moral des Français. Et il ne faudrait pas que les efforts du gouvernement soient plombés à cause de mauvais choix par ailleurs. Si l'État revient sur sa promesse de rendre 300 millions à Action Logement à partir de 2016, cela remettra en cause la construction de HLM. Or comme beaucoup de programmes immobiliers sont mixtes (primo-accédants, investisseurs, HLM), cela empêchera ces logements de sortir de terre.

Pourquoi y avait-il urgence à stimuler les ventes de logements neufs?

Parce que ce secteur n'en finit plus de piquer du nez. Selon nos estimations, si rien n'était fait, la France était partie pour construire 290.000 logements cette année contre 330.000 en 2013. Or un logement construit, c'est deux emplois garantis. Cet effondrement du marché a donc des conséquences en termes d'emploi. Depuis 2008, le secteur du bâtiment a perdu 9 % de ses effectifs. Aujourd'hui, nos entreprises n'emploient que 1,1 million de personnes contre 1,25 million avant la crise.

Le gouvernement Valls est-il plus sensible que l'équipe Ayrault aux problèmes du logement neuf?

En tout cas, depuis quelques mois, nous sommes plus écoutés. Avant, quand nous annoncions qu'avec les mesures prises (encadrement des loyers, Garantie universelle des loyers...), les ventes allaient dégringoler, on ne nous croyait pas forcément.

Êtes-vous satisfait des prises de position de Manuel Valls sur l'encadrement des loyers?

Il n'est pas très clair sur le sujet. Politiquement, c'est plus compliqué pour lui de supprimer l'encadrement des loyers que de tenter de relancer la construction. Pourtant, c'est une évidence: l'encadrement des loyers détourne les particuliers de l'investissement locatif.

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