Plaintes d'un ex-otage au Niger contre Areva et l'Etat français

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    PARIS, 28 décembre (Reuters) - L'un des otages enlevés en 
2010 par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sur un site minier 
du Niger et relâchés il y a deux ans compte porter plainte 
contre l'Etat français et l'exploitant Areva, déclare-t-il dans 
un entretien publié lundi. 
    Thierry Dol dit espérer que ces plaintes, pour "mise en 
danger de la vie d'autrui" et "non-assistance à personne en 
danger", lui permettront d'en savoir plus sur les conditions de 
son enlèvement et de sa libération. 
    Il se demande en particulier pourquoi Areva n'a pas procédé 
à l'évacuation des employés présents sur le site d'extraction 
d'uranium d'Arlit, alors même que l'entreprise avait selon lui 
connaissance d'une menace sérieuse pour leur sécurité. 
    "Les derniers jours, la menace était telle que j'étais 
persuadé qu'Areva allait nous évacuer. Au moment de notre 
enlèvement, des investisseurs chinois étaient présents. Leur 
sécurité a-t-elle primé sur la nôtre ?", dit-il au 
Parisien-Aujourd'hui en France. 
    "Je veux que toute la lumière soit faite", poursuit-il. 
    Joint par Reuters, Areva s'est refusé à tout commentaire. 
    Thierry Dol a été libéré en octobre 2013, en même temps que 
trois autres compagnons de captivité, plus de 1.000 jours après 
son enlèvement. 
    "Aujourd'hui, j'ignore encore s'il y a eu rançon, si oui 
combien, les intermédiaires éventuels, les autres 
contreparties... J'ai besoin de savoir. C'est l'un des objectifs 
de la procédure que j'intente", ajoute Thierry Dol. 
    La France a toujours nié avoir versé la moindre rançon pour 
résoudre des prises d'otages à l'étranger. 
    L'ex-otage dénonce par ailleurs le montant de 
l'indemnisation allouée après sa libération par le Fonds de 
garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres 
infractions (FGTI). 
    "Le fonds de garantie m'a proposé 26 euros par jour de 
détention. Les otages de Jolo, enlevés pendant trois mois en 
2000, ont obtenu une décision de justice leur octroyant une 
somme nettement supérieure. Avons-nous moins souffert qu'eux ?", 
affirme-t-il.     
    Au total, sept personnes qui travaillaient pour Areva et une 
filiale de Vinci avaient été capturées en septembre 2010. Trois 
d'entre elles, dont une Française, avait été relâchées en 
février de l'année suivante. 
 
 (Simon Carraud, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 

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