Plainte de Buisson contre Taubira dans l'affaire des sondages

le
0
PATRICK BUISSON VA PORTER PLAINTE CONTRE CHRISTIANE TAUBIRA
PATRICK BUISSON VA PORTER PLAINTE CONTRE CHRISTIANE TAUBIRA

PARIS (Reuters) - Patrick Buisson, visé indirectement dans l'affaire des sondages commandés par l'Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, va déposer une plainte ce mardi devant le procureur de la République pour "prise illégale d'intérêt" contre la ministre de la Justice Christiane Taubira.

L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy accuse la garde des Sceaux d'être "partie prenante d'une opération qui vise à instrumentaliser l'autorité judiciaire à des fins exclusivement partisanes", rapporte Le Figaro.

Selon Patrick Buisson, Christiane Taubira serait toujours membre du comité de parrainage d'Anticor, l'association anticorruption qui a porté plainte pour détournement de fonds publics et favoritisme dans l'affaire des sondages de l'Elysée.

Sur le site internet de l'association, le nom de la ministre figure bien parmi les membres de son comité de parrainage.

"Elle a menti quand elle a dit qu'elle n'était plus encore membre de l'association (...) Nous apporterons la preuve de ce mensonge", a déclaré Patrick Buisson au micro d'Europe 1.

"Nous sommes devant un scandale sans précédent (...) dans l'histoire de la justice française", a-t-il poursuivi, estimant que Christiane Taubira avait "un intérêt moral et politique à voir s'ouvrir une instruction où elle est à fois juge, parti et bénéficiaire".

Anticor estime que les sondages n'avaient, pour beaucoup, pas d'intérêt public, et souligne que les bénéficiaires essentiels des commandes étaient des sociétés dirigées par deux conseillers et amis de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson (trois millions d'euros) et Pierre Giacometti (2,5 millions d'euros).

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire de police à la suite d'une plainte pour détournement de fonds publics visant des sondages d'opinion commandés par l'Elysée sous sa présidence pour un total de 9,4 millions d'euros.

Une première information judiciaire sur ces faits pour "favoritisme", acceptée d'abord par un juge d'instruction, puis invalidée par un arrêt de la cour d'appel de Paris en 2011, pourrait par ailleurs être relancée par la Cour de cassation, dans un autre arrêt annoncé le 19 décembre.

Marine Pennetier avec Thierry Lévêque, édité par Henri-Pierre André

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant