Plainte d'un des arbitres de l'affaire Tapie pour menaces

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PARIS (Reuters) - Pierre Mazeaud, l'ex-président du tribunal arbitral dans le conflit opposant Bernard Tapie au Crédit lyonnais, a porté plainte à la mi-juillet pour menaces, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

La brigade financière a été saisie de ce volet en marge de l'affaire Tapie, a-t-on précisé de même source.

La plainte vise indirectement l'ancien PDG du Crédit Lyonnais Jean Peyrelevade, précise le Canard enchaîné à paraître mercredi, qui a révélé l'information.

Bernard Tapie voit dans cet épisode la preuve d'une "opération totalement organisée" visant à déstabiliser les trois arbitres qui lui ont attribué 403 millions d'euros pour solder son conflit avec le Crédit Lyonnais dans la revente d'Adidas.

"C'est leur méthode, ne pas hésiter à utiliser les menaces, le chantage, pour qu'à un moment donné un arbitre dise : 'Oui, finalement, je ne suis pas sûr'", a-t-il dit sur Europe 1 en visant les centristes François Bayrou et Charles de Courson.

L'homme d'affaires a répété qu'on cherchait, à travers lui, à atteindre l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui était président au moment où l'arbitrage a été rendu en 2008.

"Il faut impérativement que de près ou de loin tout ce qui a touché Nicolas Sarkozy soit abattu", a-t-il dit.

Selon le Canard enchaîné, Pierre Mazeaud, qui est également l'ancien président du Conseil constitutionnel, a reçu la visite d'un ancien dirigeant des amis de Jacques Chirac qui s'est dit "missionné" par l'ancien banquier.

"Peyrelevade m'a chargé de vous dire de faire attention, de faire très attention", aurait dit Pierre Habib-Deloncle.

Ces propos faisaient suite à un échange de propos peu amènes entre l'ancien dirigeant du Crédit Lyonnais et Pierre Mazeaud à propos de l'arbitrage controversé.

Interrogé par l'hebdomadaire, Jean Peyrelevade a expliqué que Pierre Habib-Deloncle, qui est l'un de ses anciens collaborateurs, lui avait juste demandé la permission de donner à Pierre Mazeaud "son opinion" sur lui.

Selon l'hebdomadaire, l'ex-président du tribunal arbitral a accusé devant les enquêteurs l'ancien "patron" du Crédit lyonnais d'avoir créé des sociétés dans des paradis fiscaux "pour s'approprier Adidas". "C'est lui l'escroc et non Tapie qui était sincère", aurait-il dit.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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