Plaidoyer pour un investissement durable en actions

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(lerevenu.com) - De Fidelity, grande société internationale de gestion d'actifs d'origine familiale, créée en 1946 aux États-Unis, il serait difficile d'attendre un sévère réquisitoire contre le placement en actions. Même si la partie investie en obligations s'est développée, ces dernières années, l'action demeure la classe d'actifs privilégiée de Fidelity. De passage à Paris, dernièrement, Dominic Rossi, responsable en chef des investissements de la société de gestion, a aligné les facteurs de confiance dans l'économie américaine, moteur de l'économie mondiale, et les raisons d'investir dans les actions des entreprises cotées. 

Les fameux déficits jumeaux, celui des finances publiques et l'autre de la balance courante ne sont plus un problème. D'un côté, le déséquilibre budgétaire se réduit à la faveur de la remontée des recettes fiscales et surtout des moindres dépenses de défense qui ne sont plus autant obérées par l'engagement des troupes américaines en Afghanistan et en Irak. Mais le rétablissement le plus spectaculaire, explique Dominic Rossi, est celui de la balance commerciale, qui connaît un «redressement structurel dû la révolution énergétique du gaz de schiste». Aux États-Unis, le prix du gaz est le quart de celui payé en Europe, «ce qui favorise grandement les exportations des groupes industriels américains». 

En matière de politique monétaire, le gérant américain ne partage pas le pessimisme de nombreux économistes. Il ne voit pas de nocivité particulière aux mesures non orthodoxes prises par la Réserve fédérale, la Banque du Japon et la Banque centrale européenne (BCE) : «Les instituts d'émission luttent contre les effets de la déflation et de la diminution de la prise de risque des banques.» Sauf dans les pays émergents, l'inflation a disparu et le chômage élevé des pays développés empêche la revalorisation des salaires, ce qui éloigne le retour de l'inflation : «Aux États-Unis, la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale durera longtemps après le redémarrage de la croissance économique.» En Europe, la crainte d'un resserrement des taux directeurs n'est pas non plus à l'ordre du jour, pense Dominic Rossi : «La BCE prendra prétexte de la baisse du prix du pétrole pour diminuer encore le loyer de l'argent».

Le représentant de Fidelity en est convaincu : «Les actions internationales sont bon marché». Leurs indices représentatifs capitalisent moins de 15 fois les prochains résultats (2013) des sociétés cotées, soit le niveau de 1982, avant que ce ratio (cours/bénéfice) connaisse trois envolées au-dessus de 40, en 1987, 1993 et 2000. Ce tableau très rose de l'investissement en actions comporte néanmoins quelques nuages. Le taux de la croissance économique en Chine n'est pas le plus préoccupant : «Le monde doit s'habituer à y voir l'expansion revenir de 7 à 10% l'an à un rythme moindre, de 5 à 7%.» La diminution du prix de l'énergie, aussi en Chine, favorisera la consommation des ménages, ce que tout le monde réclame depuis des années.

Dominic Rossi se montre un peu plus inquiet du niveau historique atteint par les marges bénéficiaires des entreprises, en particulier américaines : «Néanmoins, tant que les coûts salariaux seront contenus par le chômage, les gains de productivité soutiendront leur rentabilité élevée.» Et la Bourse ne manquera pas de le saluer. En outre, le placement en actions devrait bénéficier, à terme, d'importants courants d'achats des institutionnels : «Le rendement offert par les actions est devenu supérieur à celui des obligations, les compagnies d'assurances et les fonds de pension ne pourront donc pas faire autrement que de revenir vers les actions», prédit le responsable de Fidelity. 

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