Placement: s'informer avant d'acheter de l'art

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L'amateur doit savoir décrypter la stratégie des galeries et privilégier celles qui proposent des artistes de premier marché.

Diversifier son patrimoine en achetant de l'art est tentant. Mais il faut en connaître le mode d'emploi. Où acheter, dans quel domaine se lancer, sur qui miser? Là est toute la question pour le néophyte qui va se jeter dans la jungle des galeries et des foires, lesquelles ne cessent de proliférer dans le monde.

Car il y a les bonnes et les mauvaises galeries. L'acheteur doit privilégier celles qui proposent des artistes de premier marché soutenus et accompagnés par un programme cohérent d'expositions permettant de suivre l'évolution régulière de l'œuvre. L'intérêt est qu'à tout moment celles-ci peuvent vous reprendre la pièce que vous avez acquise. Acheter, c'est facile. Bien revendre, c'est beaucoup plus difficile.

Depuis 2008, à Paris et à Bruxelles, Nathalie Obadia suit Michael Delucia, un Américain prometteur de 36 ans. Ses panneaux en bois scarifiés (244 cm × 122 cm) étaient proposés à 8000 euros en 2011. Ils sont affichés aujourd'hui autour de 15.000 euros. Très accessibles, ses dessins sont passés de 800 euros en 2008 à 2500 euros en 2014. L'artiste a de belles perspectives devant lui avec, en 2015, une exposition personnelle au Musée d'art contemporain de Santa Barbara en Californie. Une information importante pour le devenir de sa carrière.

Enchères en ligne, salons, foires...

En revanche, il faut se méfier des galeries qui vendent des noms du second marché, à savoir des tableaux qui ont déjà tourné dans le privé ou aux enchères. Dans les ventes, il est possible de faire de bonnes affaires, mais les lots à petit prix sont souvent de qualité médiocre. Il reste les enchères en ligne, comme celles de l'étude Piasa, un vrai rendez-vous à la fin du mois pendant dix jours. Du 22 avril au 5 mai, on pouvait acquérir des lampes italiennes des années 1950 autour de 1000 euros. C'est mieux d'acheter du vintage et surtout moins cher qu'une édition contemporaine. La prochaine vente (du 20 au 30 juin) sera dédiée aux jeunes designers comme Guillaume Delvigne et Victoria Wilmotte, accessibles encore à moins de 3000 euros. Un bon investissement d'avenir.

Après avoir fait le tri, le mieux est d'aller dans les déballages, les salons ou les foires. Même à Bâle, la mecque de l'art contemporain qui va ouvrir du 19 au 22 juin, on peut dénicher des œuvres formidables à petit prix, au premier étage, là où sont les plus jeunes galeries. Toutefois, il est difficile d'y circuler sans un conseiller. Mais le choisir est aussi un casse-tête. À moins d'être très riche, de s'appeler Bernard Arnault ou François Pinault, l'étiquette d'un conseiller de renom est un sésame. Elle permet d'avoir accès aux meilleures pièces des artistes que tout le monde s'arrache. Là est le nerf de la guerre. Dans un marché qui ne cesse de grimper, les galeries choisissent par ordre les clients auxquels elles veulent vendre pour établir la cote de leurs poulains. La règle d'or est d'aller sur le terrain ou de s'informer en surfant sur le Net.

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