Placé s'interroge sur le maintien des Verts au gouvernement

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JEAN-VINCENT PLACÉ S'INTERROGE SUR LA PLACE DES ÉCOLOGISTES AU GOUVERNEMENT
JEAN-VINCENT PLACÉ S'INTERROGE SUR LA PLACE DES ÉCOLOGISTES AU GOUVERNEMENT

PARIS (Reuters) - Les écologistes se posent la question de leur maintien au gouvernement après le "virage" économique sur la compétitivité amorcé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, a affirmé vendredi Jean-Vincent Placé.

Coutumier des charges contre l'exécutif, considéré comme un "franc-tireur" au sein de la majorité, le sénateur d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ajoute aux tensions actuelles dans la majorité après les prises de distance du Front de gauche.

Ministres et responsables socialistes, mais aussi écologistes, ont aussitôt minimisé les propos de Jean-Vincent Placé, les réduisant à une "remarque personnelle".

"Nous nous posons la question de savoir ce que nous faisons au sein du gouvernement", a déclaré le chef de file des sénateurs écologistes sur Radio Classique. "De plus en plus, les écologistes s'interrogent", a-t-il souligné.

"Depuis le virage post-rapport Gallois et les annonces très en faveur des entreprises sans contreparties et sans conversion écologique, je suis moi-même de plus en plus perplexe quant à cette participation gouvernementale", a insisté Jean-Vincent Placé.

"Heureusement que nos ministres (Cécile Duflot, ministre du Logement et Pascal Canfin, ministre délégué au Développement, NDLR) sont bons et qu'ils font le boulot. Parce qu'il est vrai que la tournure et le virage, quelque part sinon idéologique, du moins d'une politique économique, fait depuis trois jours, nous laissent très perplexes", a-t-il ajouté.

"UN PEU TROUBLÉ"

Il a précisé que Cécile Duflot, "tenue à un devoir de réserve", était à la fois "très solidaire" du gouvernement et "loyale" à l'égard des écologistes, mais que malgré sa présence au gouvernement, le bilan du nouvel exécutif était "bien maigre".

François de Rugy, président du groupe écologiste à l'Assemblée, s'est dissocié de son homologue du Sénat tout en concédant un "trouble" dans les rangs écologistes sur la politique gouvernementale.

"C'est une interrogation. Moi j'évite, en tant que responsable politique, de m'interroger à haute voix au micro de tel ou tel. (...) Chacun son style, chacun sa façon de faire", a commenté le député sur France Info.

"Le moment n'est pas venu de dire 'nous allons peut-être quitter le gouvernement demain matin', parce que je crois que quand on s'engage dans une majorité, dans un gouvernement, on ne le fait pas pour le remettre en cause tous les quatre matins", a-t-il ajouté.

"Sans doute qu'il se fait l'écho ainsi d'un certain nombre d'interrogations qui existent dans notre mouvement. Le mouvement écologiste en France, c'est vrai, depuis quelques semaines, peut avoir été un peu troublé. Je pense notamment au rapport Gallois et à la question de la fiscalité écologique", a toutefois ajouté François de Rugy.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, a relativisé pour sa part sur BFM TV et RMC Info "une remarque personnelle", "décalée", "qui ne reflète pas l'état d'esprit du partenariat que nous avons avec Europe Ecologie-Les Verts".

"UNE TRÈS GRANDE FRAGILITÉ"

"Il n'y a que lui qui s'interroge", a lancé sur France Info le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

"Les Verts, les écologistes, sont solidaires de la majorité, ils ont voté la loi de finances 2013. Je crois qu'ils ont toute leur place au sein du gouvernement et de la majorité", a-t-il ajouté.

Le sénateur socialiste David Assouline, porte-parole du PS, a déclaré sur LCI que les ministres écologistes n'avaient "pas l'air de se poser des questions. Ils ont l'air épanoui, ils sont utiles". "Peut-être que Jean-Vincent Placé se poserait d'autant moins la question s'il était ministre lui-même", a-t-il ajouté.

Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, à l'Innovation et à l'Economie numérique, a évoqué "peut-être une impatience vis-à-vis de la fiscalité écologique" de la part d'EELV.

"Ça ne s'improvise pas dans la hâte, comme ça. C'est un travail qui est en cours sous l'égide de Delphine Batho (ministre de l'Ecologie, NDLR) et qui va se poursuivre", a-t-elle dit.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a repoussé à 2016 la question de la fiscalité écologique dans le cadre du "pacte de compétitivité".

A droite, la députée UMP des Yvelines, Valérie Pécresse, a jugé que cette "sortie" illustrait la "très grande fragilité" de la coalition au pouvoir.

"Ça montre que la majorité continue de se fissurer et qu'il y a une très grande fragilité de la majorité hétéroclite que François Hollande a soudée uniquement sur l'anti-sarkozysme", a-t-elle dit sur France 2. "Ils ne pensent rien de commun sur rien".

Sophie Louet

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