Piste criminelle pour les disparitions de Perpignan et Nîmes

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TOULOUSE (Reuters) - Les enquêteurs privilégient désormais la piste criminelle pour les disparitions de l'épouse et de la fille de Francisco Benitez à Perpignan (Pyrénées-Orientales) en juillet 2013 ainsi que celle d'une ancienne maîtresse en novembre 2004 à Nîmes (Gard).

Après la découverte de similitudes entre les deux affaires, les parquets des deux villes ont ouvert chacun une enquête, non plus pour recherche des causes de la disparition mais enlèvement et séquestration, a-t-on appris de source judiciaire.

Pour le moment, les deux dossiers ne sont pas joints, mais ils seront rapprochés si nécessaires, a-t-on précisé. Le SRPJ de Montpellier, qui va réentendre les témoins de la disparition de Nîmes, est toutefois saisi des deux affaires.

L'affaire a été relancée par la découverte que le légionnaire, qui s'est pendu lundi après avoir clamé son innocence dans la disparition de son épouse et sa fille, avait déjà été entendu en 2004 pour celle d'une compagne.

Une information judiciaire avait alors été ouverte pour recherche des causes de la disparition de Simone de Oliveira Alves en 2004, avant d'être arrêtée trois ans plus tard.

Comme lors de la disparition, en juillet, de sa femme Marie-Josée et de sa fille Allison, Francisco Benitez était la dernière personne à avoir vu cette Brésilienne, mère de trois enfants, qui, selon le témoignage d'une de ses soeurs, ignorait qu'il était marié et père de famille.

Le légionnaire était alors en poste sur le plateau d'Albion, à environ deux heures de route de Nîmes.

Interrogé par les policiers, il avait expliqué que la disparue et lui s'étaient disputés, qu'elle avait pris ses affaires et qu'elle lui avait envoyé un texto pour lui signifier qu'elle ne reviendrait pas.

"C'EST LE MÊME HOMME"

Or, à Perpignan, le dernier signe de vie donné par Marie-Josée et Allison est un texto envoyé du portable de la première à l'une de ses filles née d'une précédente union et annonçant un départ pour Toulouse.

Le procureur adjoint de Perpignan, Luc-André Lenormand, avait toutefois indiqué dès mercredi que si ce message a bien été expédié du portable de la mère, rien ne dit que c'est elle qui l'a écrit. Le portable lui-même a disparu.

Le parquet a également souligné le peu d'empressement du légionnaire à signaler la disparition de son épouse et de sa fille, puisqu'il aurait attendu sept jours pour se rendre au commissariat, et treize pour signer une déposition.

L'ex-mari de Simone de Oliveira Alves, qui avait disparu après avoir confié ses enfants à des proches, a expliqué être le premier à avoir fait le rapprochement entre les deux affaires en voyant le visage du légionnaire après son suicide.

"J'ai vu la photo. Je me suis dit: c'est le même, c'est la même affaire", a-t-il confié jeudi à Europe 1, expliquant n'avoir jamais cru que Simone ait pu partir en abandonnant ses enfants.

"Si j'avais pu avoir son image avant, j'aurais pu aller plus vite au commissariat. Il n'aurait peut-être pas eu le temps de se suicider et il serait peut-être en garde à vue", a-t-il ajouté.

La jeune soeur de Simone, Irina, a expliqué, également sur Europe 1, que la disparue, alors séparée de son mari, avait rencontré Francisco Benitez en 2000 et qu'il lui avait fait croire qu'il était célibataire et sans enfants.

D'après le récit d'Irina, lorsqu'elle découvre que le soldat est en fait marié et père d'une fille nommée Allison, Simone serait tombée dans une grave dépression. Francisco l'aurait alors emmenée dans un hôpital psychiatrique et c'est lui qui serait allé l'y récupérer pour la ramener chez elle.

Guillaume Serries, avec Gérard Bon à Paris, édité par Patrick Vignal

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