Ping rejette l'arrêt de la Cour constitutionnelle du Gabon

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    par Edward McAllister 
    LIBREVILLE, 24 septembre (Reuters) - Le chef de file de 
l'opposition gabonaise, Jean Ping, a rejeté samedi la 
confirmation selon lui "injuste", par la Cour constitutionnelle, 
de la victoire d'Ali Bongo à l'élection présidentielle du 27 
août. 
    Son rejet de l'avis de la Cour constitutionnelle laisse 
augurer de la poursuite d'une crise politique violente dans le 
pays. S'adressant à ses partisans et à la presse à sa résidence 
à Libreville, Jean Ping a appelé la population à "rester 
vigilante et mobilisée". 
    "Nous ferons en sorte que le choix des Gabonais soit 
respecté. 2016 ne sera pas 2009", a-t-il dit en faisant allusion 
à la précédente présidentielle, qui avait vu l'élection d'Ali 
Bongo à la succession de son père, Omar Bongo, lequel avait 
dirigé le pays pendant 42 ans. 
    Ali Bongo s'est employé samedi à apaiser les tensions, 
appelant au dialogue et promettant d'ouvrir le futur 
gouvernement à des figures de l'opposition. Ainsi n'a-t-il pas 
exclu que Jean Ping soit convié à en faire partie. "Tout est 
possible", a-t-il dit. 
    Ali Bongo a rejeté en revanche l'idée d'une médiation 
internationale dans la crise politique. "Nous n'avons pas besoin 
d'une médiation internationale. Entre Gabonais, nous savons nous 
parler", a-t-il dit. 
    La Cour constitutionnelle avait accédé à la demande de Jean 
Ping de réexaminer les résultats de la présidentielle dans la 
province du Haut-Ogooué, où Ali Bongo a selon les résultats 
officiels obtenu 95% des suffrages et où le taux de 
participation s'est élevé à 99,9%. 
     
    DOUTES PERSISTANTS 
    Dans son avis, rendu vendredi soir, la cour a jugé 
irrecevables les feuilles d'émargement fournies comme preuves de 
la fraude présumée présentées par Jean Ping. La cour a annulé 
les résultats de 21 bureaux de vote à Libreville en raison 
d'irrégularités, accentuant la victoire d'Ali Bongo qui est 
déclaré élu avec 50,66% des voix contre 49,85% précédemment. 
    Les forces de sécurité se sont largement déployées samedi à 
Libreville, après la confirmation de la Cour constitutionnelle. 
    Six personnes avaient été tuées dans des émeutes après 
l'annonce par le ministère de l'Intérieur de la courte victoire 
du président sortant lors du scrutin du 27 août.  
    Des camions transportant des policiers et des soldats, dont 
certains vêtus d'équipements anti-émeutes, ont pris position aux 
principaux carrefours et intersections de Libreville dès samedi 
matin. Le circulation a été limitée dans la capitale gabonaise, 
nombre d'habitants ayant choisi de rester chez eux.  
    Dans un communiqué conjoint, la porte-parole de la 
diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le Commissaire à 
la Coopération internationale, Neven Mimica, ont estimé samedi 
que "la confiance du peuple gabonais concernant l'intégrité du 
processus électoral peut, légitimement, être mise en doute". 
    "Contrairement au protocole d'accord signé avec le 
gouvernement" gabonais, la mission d'observation "n'a eu qu'un 
accès très limité au processus de recours et de contentieux", 
ajoutent les représentants européens. 
    "En vue de futures élections, le besoin d'une réforme du 
système électoral s'impose, de façon à le rendre plus crédible", 
estime le communiqué.  
    Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué que 
cette déclaration "reflétait la position de la France". 
    "La France constate que l'examen des recours n'a pas permis 
de lever tous les doutes", a estimé Jean-Marc Ayrault dans un 
communiqué.     
 
 (Avec Emmanuel Jarry et Mathieu Rosemain; Pierre Sérisier et 
Eric Faye pour le service français) 
 
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