Pillages et troubles continuent au Venezuela

le
0
    SAN CRISTOBAL, Venezuela, 17 décembre (Reuters) - Plusieurs 
centaines de Vénézuéliens ont escaladé les barrières pour 
contester la fermeture par Caracas de la frontière avec la 
Colombie, samedi, tandis que pillages et manifestations se 
poursuivaient à travers le pays du fait d'une pénurie d'argent 
liquide. 
    Les troubles ont débuté vendredi, à la suite de l'annonce du 
retrait surprise, cette semaine, du billet à plus forte valeur, 
celui de 100 bolivars. Cette décision a provoqué une ruée vers 
les banques pour déposer ou échanger les billets de 100 bolivars 
dans le bref délai imparti.  
    Beaucoup de Vénézuéliens se sont retrouvés sans les moyens 
d'acheter des vivres ou de l'essence et pour faire les 
préparatifs de Noël. Environ 40% des Vénézuéliens n'ont pas de 
compte bancaire. 
    Dans la cité minière d'El Callao, dans le sud du pays, où de 
nombreuses boutiques ont été pillées selon les habitants, un 
adolescent de 14 ans est mort, ont confirmé samedi les 
autorités. Un député de l'opposition a fait état de trois morts 
lors des troubles de vendredi dans cette ville.  
    Le président Nicolas Maduro, que l'opposition cherche à 
destituer, a expliqué que le retrait des coupures de 100 
bolivars visait à étrangler la mafia et les trafiquants actifs 
sur la frontière avec la Colombie. 
    Près de la ville de San Cristobal, 400 personnes ont 
escaladé les barrières frontalières pour aller s'approvisionner 
en Colombie en vivres et en médicaments, denrées rares au 
Venezuela, ont rapporté des témoins. "Nous avons sauté 
par-dessus les barrières", a expliqué une Vénézuélienne de 41 
ans, Claudia Perez. 
    Dans l'Etat de Bolivar, dans le sud du Venezuela, des 
groupes se sont introduits dans des dizaines de magasins et 
d'entrepôts de plusieurs villes, ont rapporté des témoins et des 
négociants. Les autorités ont instauré le couvre-feu à Ciudad 
Bolivar et le gouverneur de l'Etat a annoncé 135 arrestations.  
    A Maracaibo, deuxième ville du pays, les forces de sécurité 
ont fait usage de gaz lacrymogènes pour chasser les pillards, 
ont rapporté des témoins. 
 
 (Anggy Polanco; Eric Faye pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant